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À pied par les volcans et la taïga du Kamtchatka
par Julie Boch & Émeric Fisset
le jeudi 12 janvier 2006 à 20 heures 30


Bordé à l’est par la mer de Béring, qui lèche ses côtes accores, et à l’ouest par la mer d’Okhotsk, qui frange son littoral marécageux, le Kamtchatka est une vaste péninsule sise entre 51 et 63 degrés de latitude nord. Terre russe entre la Tchoukotka et les Kouriles, elle s’étend sur 1 400 kilomètres, pour 470 de largeur au maximum. Sise sur « l’arc de feu » du Pacifique, cette péninsule, d’origine volcanique, compte plus de trois cents volcans, dont une trentaine d’actifs. C’est grâce à elle que la volcanologie russe, fondée en 1935, a acquis sa réputation internationale. Sa chaîne orientale, dite Vostotchny, est la plus spectaculaire, que ce soit à hauteur du Moutnovsky ou du Karimsky, qui connaissent plusieurs explosions par jour, du Tolbatchik qui, en 1975-1976, anéantit la forêt sur 1 000 km2, ou du Klioutchevskoï, le plus haut volcan actif de l’Eurasie, qui rivalise en altitude avec notre mont Blanc.
Par-delà le fleuve Kamtchatka, la chaîne occidentale, dite Sredinny, qui culmine à 3 607 mètres, est une terre de transhumance pour les Évènes et les Koriaks renniculteurs. Ces populations autochtones (de l’ordre de 20 000) sont aujourd’hui estompées par les nombreux Slaves (environ 380 000) qui, depuis la fondation de Petropavlovsk-Kamtchatski en 1741, se mêlent à elles. Hautement militarisée au moment de la guerre froide, la péninsule a en effet vu affluer les militaires, qu’ils fussent sous-mariniers, gardes-frontières ou aviateurs. Elle sert encore aux essais de missiles balistiques depuis la péninsule de Kola. Ce n’est qu’avec la désintégration de l’Union soviétique qu’elle s’est ouverte à d’autres citoyens russes et – depuis peu – aux étrangers.


Julie Boch et Émeric Fisset ont éprouvé le désir de s’imprégner de la nature et des paysages kamtchadales. Après neuf jours passés à Petropavlovsk, la capitale régionale, ils sont partis le 20 juillet 2005 pour gagner Klioutchi, à 600 kilomètres au nord. Entre ces deux points n’existe aucun établissement humain permanent ; aussi est-ce à la boussole et sac au dos qu’ils ont traversé les différents massifs volcaniques, les cours d’eau et la taïga, s’immergeant en route dans les sources chaudes qui ponctuaient leur parcours. Ils ont notamment gravi le volcan Kracheninnikov, séjourné dans la caldeira d’Uzon et la vallée des Geysers, et pu observer une quarantaine d’ours bruns, ainsi que l’aigle de Steller, le gerfaut, le lièvre et le spermophile.
Parvenus à Klioutchi au bout de quarante jours de marche, ils ont gagné le village évène d’Esso, d’où ils sont repartis à pied en septembre pour rallier la localité de Milkovo, à 200 kilomètres au sud. Dans la chaîne occidentale, ils ont goûté les couleurs de l’automne et la rencontre avec des éleveurs de rennes, qu’ils ont observés lors du rassemblement de leur troupeau. Enthousiasmés par leur séjour, ils ont poursuivi en 2006 leur découverte des richesses naturelles et humaines de cette péninsule qui, dernier territoire exploré de la Sibérie, reste un formidable terrain d’aventure.



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