David Gille


Dans les jardins du Lapin agile – Paris (France)
Année 2009
© Yves Mathieu
Auteur-compositeur-interprète au Lapin agile.

Né à Versailles en 1976, David Gille est d’origine arménienne et a passé sa jeunesse à Évry, en banlieue parisienne. « Demandez-vous à l’heure la plus silencieuse de votre nuit : dois-je écrire ? » conseillait Rainer Maria Rilke à un jeune poète. David Gille chemine dans la chanson guidé par cette injonction. Dois-je chanter ? Que puis-je chanter ? Pour qui ? Nourri très tôt aux voix de Brassens et de Brel, c’est à 18 ans qu’il songe à emprunter leur carrière. Il écrit des chansons, prend des cours de chant et s’engage dans des études supérieures en philosophie. Dans les amphithéâtres sans fenêtre de la Sorbonne, il se frotte à la rhétorique universitaire. Il rédige un mémoire de maîtrise sur les conditions de l’expression de la pensée philosophique : « Les genres littéraires chez Leibniz ».

À 25 ans, David Gille cherche des scènes où se produire. Paris, pour celui qui débute, n’est plus la ville de la chanson. Il ne reste que l’animation dans les bars ou dans les couloirs du métro. Préférant ne pas chanter plutôt que de chanter dans le bruit et l’indifférence, il se consacre à la lecture et à l’écriture, et se produit seulement pour ses amis.

À 29 ans, David Gille auditionne au Lapin agile, le célèbre cabaret de Montmartre animé et dirigé depuis 1972 par Yves Mathieu. C’est là désormais, dans ce haut lieu de la bohème montmartroise, où plane l’ombre d’Aristide Bruant et qui vit Apollinaire dire ses poèmes, Picasso peindre, Mac Orlan écrire et Nougaro débuter, qu’il a enfin trouvé où apprendre et exercer le métier, en compagnie d’artistes confirmés et devant un public sensible à la drôlerie et à la tendresse de ses compositions. Les chansons qu’il interprète en s’accompagnant de la guitare évoquent sa gourmandise (« Libations », « Les cheveux de l’automne », « Le chocolat »), les joies et les travers de la vie en société (« Le manifestant », « Six cents kilos », « Mes voisins font la fête »), font aussi appel au sentiment amoureux (« Notre mariage », « De ce côté de l’Atlantique », « Comme un enfant ») et témoignent enfin de ses origines (« Avril 1915 », « Les mots de mon pays »).


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