Marc Bellanger


Porche du gouffre de Las Olas, à 2 900 mètres d’altitude – Haut-Aragon (Espagne)
Année 2005
© François Brouquisse
Plasticien et spéléologue, spécialiste du réseau de la Pierre-Saint-Martin.

Né à Châteauroux en 1957, Marc Bellanger a toujours eu des rêves de vie souterraine, loin de la surface du monde : hormis les habitats troglodytiques, l’Indre est pourtant pauvre en cavernes. Après une enfance heureuse puis au gré de ses études universitaires – chimie et biologie moléculaire –, il migre vers le Sud, terre de la grande spéléo. N’ayant jamais travaillé dans la chimie, il s’installe à Toulouse et développe une expression artistique dans un style tout droit sorti des grottes. Dans ses mains, modelage et sculpture prennent la forme d’une statuaire stalagmitique, qu’il expose régulièrement dans la région.

À partir de 1975, Marc Bellanger se rend tous les étés à la Pierre-Saint-Martin où, depuis les années 1950, l’exploration spéléologique s’est poursuivie de manière continue. Une poignée d’hommes tire de l’obscurité un réseau toujours plus développé, attirant des spéléologues de plus en plus équipés et chevronnés. En 1966, avec moins 1 152 mètres s’établit un premier record du monde. Après le Vercors et les Alpes, les massifs pyrénéens gagnent la faveur de la discipline. C’est là que notre spéléologue amateur découvre en 1986 le troisième moins 1 000 du massif, au fond du BT6, arrêt sur siphon à la cote moins 1 140 mètres sous terre, au bout d’un parcours harassant, dans un gouffre étroit, âpre et difficile, qui exigeait la tenue d’un long bivouac souterrain. Dès lors, il ne se consacre plus qu’à l’exploration de nouveaux territoires, en quête de premières : marcher en terre vierge devient sa principale motivation. Au sein d’équipes en perpétuelle recomposition, souvent à deux, il poursuit ainsi ses explorations dans les Pyrénées aragonaises, sur les versants du mont Perdu, puis dans la Coume Ouarnède en Haute-Garonne. Là s’étend le plus long réseau de France, qui cumule 120 kilomètres et plus de 40 entrées.

À moins d’une heure de route de chez lui se découvrent encore aujourd’hui cavités et galeries, aussi Marc Bellanger ne va-t-il guère chercher ailleurs ce que son département lui offre : la tâche est trop considérable. La première en spéléo est un travail de longue haleine. Que de contournement et de coups de chance avant d’obtenir un résultat ! L’intéressé le sait et prend tout son temps. Initié à tout ce qui touche le monde des ténèbres, sur tous les continents, il reconnaît là la beauté virginale des nouvelles grottes chinoises et le chaos insensé des géodes géantes du Mexique.

L’expérience d’Arrestelia, le plus grand gouffre de la Pierre Saint-Martin, a inspiré à Marc Bellanger un livre, Paléozoïque Moins, publié en 2014 chez L’Harmattan, qui retrace de manière épique son exploration. En bivouac prolongé à quelque 10 kilomètres de l’entrée, aucun raccourci n’est possible, aucune échappatoire non plus. À deux sous terre, aucun incident ne doit survenir.


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