Patrick Fradin


Géorgie du Sud (Royaume-Uni)
Année 1988
© Christophe Houdaille
Plasticien. A navigué deux ans de la France à la Tasmanie, via les îles Subantarctiques.

Né à Meudon en 1965, Patrick Fradin fait partie de ces êtres dont la vie, à mi-chemin entre le voyage d’aventure et une vie sédentaire des plus étonnantes, est multiple. Il a pris part à deux voyages au long cours, qui lui ont chacun permis de séjourner, dans l’hémisphère Sud, en des lieux hors du commun, peu fréquentés, au climat souvent inhospitalier. Mais du haut de son mètre quatre-vingt-six, il ne craint pas la difficulté et s’adapte mieux que d’autres aux contraintes de la rude vie du navigateur. En mai 1988, après s’être impliqué à Nantes dans la construction d’un cotre de onze mètres adapté aux conditions polaires, et bien qu’ignorant tout de la croisière, il embarque avec Christophe Houdaille, skipper et organisateur du projet.

Patrick Fradin et Christophe Houdaille partent sur Saturnin pour deux ans ininterrompus de navigation. Ils voguent d’abord vers la Norvège, puis vers les îles Shetland, l’Islande, Saint-Pierre-et-Miquelon et les États-Unis, qu’ils abordent à New York. Ils font ensuite étape aux Açores, au Cap-Vert, au Brésil, en Uruguay, en Argentine. Commence alors un périple de 10 000 milles dans les mers australes, par les Quarantièmes pour relier les îles Subantarctiques – les Malouines, la Géorgie du Sud, Bouvet, Marion, Crozet, Kerguelen, Heard – jusqu’en Tasmanie où ils arrivent en avril 1990. À chaque escale, si les conditions le permettent, les deux navigateurs prennent le temps de s’imprégner de l’ambiance de ces bouts du monde. En novembre 1989, ils travaillent dans la ferme d’élevage de Jérôme et Sally Poncet sur l’île Beaver, aux Malouines, à rassembler, marquer, abattre ou encore dépecer les moutons. Puis d’avril 1990 à mai 1991, le voyageur parcourt seul l’Australie, où il travaille comme poseur de clôtures à Gin-Gin dans le Queensland, ainsi que les Fidji et le Canada.

Patrick Fradin trouve toujours de quoi s’activer et ses centres d’intérêt ne manquent pas. Le virus de la mer continue son incubation et il se met à la plongée puis donne des cours en tant que moniteur (diplômé fédéral et d’État – BEES1 –, PADI instructor) et encadre des sorties en mer. Mais avant toute chose, c’est pour acheter un cotre de dix mètres en acier qu’il a travaillé dans le secteur bancaire (de 1991 à 1998) – où il a créé un journal humoristique. Il le reconstruit entièrement : modification de coque, isolation, aménagements, etc. Pour ce faire, il est devenu soudeur et travaille parfois sur des chantiers.

Depuis lors, Patrick Fradin surprend ses amis en consacrant, parallèlement à son bateau, une bonne partie de son temps à la sculpture. On lui connaissait déjà un certain talent pour l’écriture de nouvelles et de poèmes. Il explore dorénavant les caractéristiques du bois, du métal, du bronze, de la terre ou même du béton cellulaire… Les matériaux se modèlent, prennent vie sous ses doigts, et souvent l’observateur reconnaît le profil d’un dauphin ou d’un albatros, silhouettes familières de ce navigateur nostalgique.

Et puis, comme l’escalade ne suffisait pas à ses loisirs, Patrick Fradin a passé un diplôme de cordiste qui lui permet d’intervenir sur les façades des immeubles, en tant que soudeur qui sait, dont il détient aussi quelques brevets… Et depuis le Morbihan où il réside désormais, il développe la marque PaF-Art, sous laquelle il produit des tee-shirts et des sacs ornés, au minimum bio si possible équitables, et bientôt des produits de confection locale, respectueux de l’homme et de la nature.


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