Philippe Sauve


Minneapolis – Minnesota (États-Unis)
Année 2008
© Sandrine Uccellini
Voyageur et réalisateur épris des contrées boréales de l’Amérique et de la Sibérie.

Né à Toulon en 1974, Philippe Sauve, impressionné par le film La Vie au bout des doigts de Patrick Edlinger, a découvert l’escalade à l’âge de 10 ans. À 16 ans, il atteint déjà le niveau 7C-8A et songe à s’engager dans la voie de la compétition. Il poursuit cette activité jusqu’à sa majorité, grimpant dans le sud de la France, équipant des falaises pour le Comité d’escalade du Var et gravissant ses premières grandes parois en tête de cordée telle l’Escalès dans les gorges du Verdon, haute de 300 mètres. Il obtient ainsi les brevets d’initiateur d’escalade et d’équipeur de falaise.

En 1992, Philippe Sauve abandonne, au grand dam de sa famille à laquelle il est très attaché, son poste d’électricien à l’arsenal de Toulon et décide d’effectuer un voyage sans se donner de date de retour. Quelques jours avant son départ, il décroche une bourse Défi Jeunes puis s’engage dans un périple en solitaire de deux années autour de la planète. À la recherche d’une adaptation perpétuelle et d’une vie proche de la nature, il alterne des modes de progression simples : marche sur plus de 6 000 kilomètres à travers quatorze États des USA, canoë sur 5 000 kilomètres de Winnipeg à Inuvik, au Canada, marche hivernale sur 2 000 kilomètres d’Inuvik, dans les territoires du Nord-Ouest, à Anchorage, en Alaska. Dans le cadre de ce voyage, il côtoie les SDF du Mississippi, partage le chant des Indiens sioux, s’initie à l’art de la pêche et de la chasse avec les Inuit ; il se découvre en outre une passion pour l’écriture, dans laquelle sa rencontre ultérieure avec l’auteur de polars à succès Maurice Périsset le confirmera. C’est par le Transsibérien, de Khabarovsk à Moscou, qu’en juin 1994 il s’en revient en France à l’issue de ses deux années de pérégrinations. À son retour, il fait connaissance avec la littérature en rencontrant plusieurs écrivains et entreprend la rédaction de son premier récit, La Marche de vie.

Retourné plusieurs fois dans le sud du Dakota pour retrouver son ami Ernest, un vieil Indien sioux qui a entrepris de réécrire l’histoire américaine, Philippe Sauve, afin d’approfondir sa connaissance des Amérindiens, réalise en 1999 un voyage en Amazonie, de la Guyane française au centre du Brésil, dans la région d’Altamira où vivent les Xingu qui n’ont été que fort tardivement en contact avec les Blancs. C’est aussi cette époque qu’il aide un ami à se sortir de sa dépendance à l’héroïne, mais en est lui-même devenu dépendant. Pour s’en libérer, il effectue au printemps de l’année 2000 un voyage solitaire à travers les États-Unis, de La Nouvelle-Orléans aux plaines des Indiens sioux du Dakota du Sud. C’est durant ce voyage qu’il a écrit le récit Errance amérindienne. Un an plus tard, conscient que seule la nature pouvait sauver son ami, il a organisé pour lui une expédition dans l’Ouest américain : après 6 000 kilomètres en voiture et 600 mètres de falaises escaladées, l’équipe revient en France avec le film À l’Ouest.

En 2005, Philippe Sauve descend la Lena sur 3 800 kilomètres depuis sa source jusqu’à son delta, à bord d’un canoë en toile. Dès son retour, il publie Siberia aux Presses de la Renaissance et obtient deux prix littéraires. Muni d’une caméra, il a filmé seul son aventure et réalisé un documentaire original lui aussi primé à plusieurs reprises.

À l’été 2008, Philippe Sauve embarque de nouveau à bord de son canoë, cette fois sur la rivière Missouri, à la rencontre de la Nation sioux. Il parcourt 2 000 km à la pagaie à la recherche de son vieil ami Ernest Big Tobacco, des montagnes Rocheuses du Montana aux plaines amérindiennes du Dakota. Au fil de l’eau et des rencontres, il constate la situation des Sioux, et le déclin progressif de ce peuple qui vivait en harmonie avec la nature. La sortie de son livre Horizon Dakota, publié aux Presses de la Renaissance en avril 2009, lui fournit l’occasion de faire venir en France Dakota High Hawk, un arrière-petit-fils de Sitting Bull, pour une tournée commune de conférences.

En septembre 2010, Philippe Sauve traverse à pied l’Islande, des champs de lave de la région d’Husavik jusqu’au pied du plus grand glacier d’Europe, le Vatnajökull, en passant par les territoires désolés des Highlands. Il marche en compagnie de son ami non-voyant Georges Nicolas et réalise le documentaire Huis clos islandais.

Les années 2012 et 2013 voient Philippe Sauve travailler à la réalisation de son premier long-métrage, intitulé À l’ouest, L’aventure extraordinaire de Markus Petit, qui, au fil de l’Ardèche, emporte le héros dans une autre dimension, angoissante et solitaire.


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