Gérard Guerrier


Sur la rivière Moma – Iakoutie (Russie)
Année 2009
© Birgit Guerrier
Directeur général d’Allibert-Trekking. Plongeur et accompagnateur en moyenne montagne.

Né à Châlons-en-Champagne en 1956, Gérard Guerrier a pour premiers souvenirs les neiges et les grands crêts du Vercors. Il devient skieur et se frotte bientôt à l’élite régionale au sein du Grenoble Université Club. L’hôtel familial vendu, ses parents déménagent sur la Côte d’Azur. La montagne s’éloigne un temps… L’adolescent devient « voileux » et hésite bientôt entre une carrière de pilote de chasse et de poète maudit. « Monté à Paris » pour ses études, il côtoie en effet Guy Chambelland et Alain Simon, et publie en 1973 un recueil de poésie, Hotchkiss 733, aux Éditions de l’Athanor.

Vingt ans, l’âge de l’inévitable déception amoureuse et du premier accident de parcours : Gérard Guerrier ne sera pas pilote de chasse ! Il sera ingénieur par dépit… La découverte de l’univers sous-marin le sauve d’un spleen grandissant ! Apprenti moniteur de plongée, il découvre les fonds marins du Yémen et des Açores, embarque en mer du Nord. Une bourse généreuse lui permet d’étudier l’océanographie aux États-Unis. Il rencontre à la célèbre School of Music de Bloomington, Birgit, une concertiste allemande qu’il épouse. De retour en France, il rentre à la Comex et travaille sur les projets de recherche sous-marine les plus pointus. Il crée ainsi, en 1982, le département robotique, puis une entreprise spécialisée : Cybernetix. Désireux de participer physiquement à ces recherches, il est l’un des tout premiers à respirer de l’hydrogène à très grandes profondeurs. Les années 1980 sont celles aussi d’une passion dévorante, au grand dam de Birgit : l’aile delta qui le ramène à ses chères montagnes. Il participe à de nombreuses compétitions et réalise l’un des tout premiers vols bivouacs de la Méditerranée au Queyras. Reprenant l’écriture, il collabore régulièrement à Vol Libre Magazine. Seuls le décès de nombreux amis libéristes et l’arrivée de deux enfants tempèrent peu à peu cette pratique quasi exclusive.

Repéré par un grand groupe industriel finlandais, Gérard Guerrier est débauché pour diriger, à 30 ans, une entreprise de technologie sous-marine dans la région de Bergame. L’Italie devient ainsi la patrie de cœur du couple franco-allemand. Plus que jamais ils sont et s’affirment européens. Après l’Italie, on lui confie la direction d’entreprises en France, aux États-Unis, en Allemagne et en Finlande. Il découvre ainsi d’autres domaines industriels comme la mécanisation forestière, l’ingénierie des mines et des carrières. Ces activités lui permettent de sillonner le monde entier avec un intérêt particulier pour les États-Unis, bien sûr, mais aussi pour l’URSS, alors en pleine transition, et la Corée du Sud. Après un passage à Harvard et quatre années de labeur, il défend une thèse de doctorat sur la « distribution de produits industriels complexes ».

À l’aube de la cinquantaine, Gérard Guerrier abandonne cette vie pour enseigner la stratégie et le marketing industriel à HEC et Grenoble École de Management. Il collabore ainsi à l’édition du Mercator, la bible marketing des étudiants en école de commerce. Surtout, il en profite pour passer son diplôme d’accompagnateur en montagne : une transition douce vers une nouvelle vie dédiée à la montagne et aux voyages. Il devient ainsi en 2006, presque naturellement, directeur général d’Allibert-Trekking. Avec son équipe, il prépare l’entreprise aux bouleversements de l’ère d’Internet et hisse la société au tout premier rang européen des tour-opérateurs d’aventure, sans jamais perdre l’ADN de ses fondateurs Philippe et Simone Allibert, qui la rend unique : « Guides par passion ». Curieux de géopolitique, il devient au cours de ces années, le référent « sécurité » de la profession, dans le cadre de l’Association pour un tourisme responsable, en contact étroit avec le Quai d’Orsay. Il effectue ainsi plusieurs missions en Mauritanie, Algérie, Yémen, Colombie, Éthiopie, etc.

Le plus grand plaisir de Gérard Guerrier reste cependant l’exploration et la création de parcours sportifs dans des contrées sauvages, des plus lointaines (par exemple, la grande traversée des Tcherski en Iakoutie) aux plus proches (raids alpins : Génépi-Lavande, Lavande-Mimosa). Il se remet enfin à l’écriture en collaborant régulièrement sous son nom ou un nom d’emprunt à Trek Magazine, signant des chroniques impertinentes sur l’Internaute Magazine. Il complète d’ailleurs cet apport avec de nombreux web-reportages visibles sur Trekin-TV, ainsi que par la réalisation de moyens- et longs-métrages, sur le Haut-Dolpo, le Guatemala ou Madagascar.

En 2013, Gérard Guerrier et sa femme traversent toutes les Alpes du nord au sud, de Neuschwanstein à Bergame, marche qui fait l’objet du documentaire Un opéra alpin et du récit homonyme aux éditions Transboréal. Il s’est adonné depuis lors à l’écriture d’un roman, provisoirement intitulé Le Lieutenant français, inspiré par la « guerre blanche » sur le front alpin entre les Autrichiens et les Italiens, et d’articles pour la presse de montagne.


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