Christian Clot


Hielo patagonico – Chili
Année 2009
© Mélusine Mallender
Auteur de plusieurs premières dans la cordillère de Darwin, au Chili. Membre actif de la Société des explorateurs français.

Né à Neuchâtel, en Suisse, en 1972, Christian Clot n’a, contrairement à de nombreux autres aventuriers, pas passé sa jeunesse à rêver devant des cartes de géographie ou à lire des récits de voyage. Son enfance se déroule en Suisse, à Fontainemelon dans le val de Ruz (canton de Neuchâtel) puis aux Charbonnières, dans la vallée de Joux (canton de Vaud). Dans les deux cas, la maison familiale qui jouxte la forêt lui permet de merveilleuses « explorations ». À pied et à vélo, il parcourt aussi les monts jurassiens qui l’entourent, développant une forte attirance pour le sport et l’aspect physique de la découverte. Avec l’athlétisme, particulièrement les épreuves du décathlon, il pense avoir trouvé de quoi assouvir son besoin de dépassement.
La prise de conscience des limites de l’esprit de compétition face au fléau du dopage incite Christian Clot, parvenu à un niveau national, à arrêter l’athlétisme. Il se passionne alors pour la montagne et l’escalade, le canyoning et, dans une moindre mesure, la spéléologie et le parachutisme : autant de pratiques qui lui font découvrir les grands espaces et la capacité de s’adapter à un milieu a priori hostile. C’est également sa première remise en cause de l’idée que l’homme aurait déjà tout exploré et connaîtrait tout, une idée implicite de l’enseignement scolaire dans lequel l’adolescent se sent à l’étroit. Élève moyen par manque de goût pour des études dont il ne voit pas l’intérêt, il ne se consacre qu’aux disciplines qui lui paraissent ouvertes à de nouveaux horizons, comme l’astronomie et l’aérospatiale.
Cette même curiosité pousse Christian Clot à lever un jour la main lorsque des cours de théâtre sont proposés en marge de l’école : ce sera une révélation. Entrer dans la peau d’un personnage est comme explorer un nouveau lieu : partir de rien, ou presque, construire autour, apprendre le plus possible, puis interpréter au mieux, rendre réel ce qui n’était qu’une idée, une envie. Après quelques années de théâtre amateur, il rejoint le conservatoire suisse, puis Paris, et travaille plusieurs années comme comédien. Rapidement, il mêle son goût pour l’activité physique à la création en devenant comédien-cascadeur et metteur en scène de spectacles de cape et d’épée notamment.
Quoique son activité de comédien laisse peu de temps aux longues échappées, le goût du voyage n’a jamais quitté Christian Clot. Au printemps 1999 toutefois, alors que la dessinatrice Karine Meuzard et lui réfléchissent à l’idée de séjourner un mois au Népal pour gravir un sommet, ils prennent l’un et l’autre conscience de l’absurdité d’aller si loin pour faire quasiment la même chose que dans les Alpes : gravir une montagne, en redescendre et rentrer. D’autant que, en étudiant les cartes pour trouver un sommet vierge, le jeune couple constate qu’on ne s’intéresse le plus souvent qu’à trois ou quatre secteurs du Népal : tout le reste est encore méconnu. Aussi décide-t-il de changer ses plans et d’utiliser le même budget pour rester cinq mois afin d’effectuer le tour de ce pays, en passant de la forêt subtropicale du Teraï aux parages de l’Everest.
Ce voyage à l’hiver 1999-2000 sera une véritable révélation. Dans un pays qui paraît déjà connu, les deux trekkeurs rencontrent des hommes qui n’ont encore jamais vu de Blancs, abordent des régions guère cartographiées et entrevoient des dizaines de sommets vierges… Une remise en cause profonde de la notion de découverte et des connaissances que l’homme a de la Terre.
Dès lors, la vie de Christian Clot se partage entre des expéditions de plus en plus engagées et la scène, jusqu’à délaisser son travail de comédien-cascadeur à partir de 2004 pour se consacrer exclusivement à l’exploration. Traversée de l’Amérique du Sud, Groenland, ascensions ou périples à la voile, il se forme et touche à tous les milieux possibles. Il devient ainsi, dans le cadre du troisième volet de l’expédition Ultima Cordillera en 2006, le premier homme à se risquer seul au centre de la cordillère de Darwin en Terre de Feu, et le premier Français depuis plus de quarante ans à recevoir le droit de nommer deux sommets au Chili. Il réalise également des travaux scientifiques de terrain et des études physiologiques sur les capacités d’adaptation de l’homme en milieu extrême. L’année 2009 l’a vu retourner en Patagonie, pour une expédition à pied et en kayak cette fois, avec la géographe Mélusine Mallender.
Outre ses conférences, son goût pour la création et la communication a donné à Christian Clot l’envie de raconter ces aventures par le biais de livres et de films primés à maintes reprises. Il est membre de la Société des explorateurs français, de la Société de géographie et de l’Explorer Club américain.


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