Cécile Clocheret


Province de Saravan (Laos)
Année 2009
© François Picard
Voyageuse réalisatrice.

Née à Boulogne-Billancourt en 1976, dans une famille protectrice et conservatrice, Cécile Clocheret passe des années d’enfance et d’adolescence sédentaires et studieuses, ne lui laissant imaginer le monde qu’à travers ses manuels scolaires. À 19 ans, elle intègre HEC. Dès lors, elle entend bien mener sa vie comme elle l’a toujours rêvée, rassasier son envie de sillonner la planète. Un brin utopiste, elle s’éprend de cette liberté nouvellement acquise et met tout en œuvre pour que jamais ne s’achève cette quête de rencontres.

Les premiers voyages de Cécile Clocheret ont le goût du sel et de l’effort. Pour se sentir acteur et mieux s’intégrer à la réalité, elle s’engage dans des missions de solidarité et d’échange culturel, dans des pays qui ont souffert, au Liban, en Arménie, en Colombie. Elle participe à un convoi humanitaire qui la conduit en camion de Paris à l’extrémité orientale de l’Ukraine. Elle part protéger les tortues marines au Costa Rica dans le cadre de chantiers internationaux. Elle se découvre définitivement deux passions, le voyage et l’image.

À l’issue de ses études, à 23 ans, Cécile Clocheret entreprend avec son amie Lydie Bertrand-Roumian une expérience initiatique : une année et demie de nomadisme en Amérique centrale à la rencontre des peuples indigènes qu’elles admirent depuis tant d’années. Alternant missions pour des ONG (Ligue des droits de l’homme au Mexique, Médecins aux pieds nus au Guatemala) et immersions dans les communautés autochtones du Quiché, elles se nourrissent de ces cultures séculaires pour se questionner sur le sens de nos vies et de notre société. Les deux jeunes femmes signent deux films : Ixim Achi, l’homme de maïs et Les Mayas en baskets.

De retour à Paris à 25 ans, Cécile Clocheret affirme sa volonté de persévérer dans la réalisation documentaire, un chemin sinueux mais passionnant. Chez Idéale Audience pendant deux années, elle est assistante de production, découvre la chaîne de production d’un film et travaille auprès de grands reporters. Deux mois de formation à l’Institut national de l’audiovisuel enrichissent ses connaissances techniques de tournage et de montage. En 2005, elle repart à l’aventure, munie cette fois d’une caméra professionnelle, avec sa complice Lydie Bertrand. Sur l’île de Madagascar, les deux jeunes femmes cheminent à pied sur 1 500 km à la rencontre de microprojets locaux de développement. De cette folle épopée, Cécile ramène son premier road-movie filmé L’Île Rouge, pas à pas. Diffusé sur Escales, il lui vaut de nombreuses récompenses dans des festivals à travers la France, le Canada et l’océan Indien.

En 2007, Cécile Clocheret découvre l’envers du décor de l’information audiovisuelle en devenant chargée de production au sein de la chaîne d’information continue BFM TV. À ce titre, elle séjourne à Pékin en 2008 et est de la grande fête médiatique des jeux Olympiques : deux années instructives certes, mais qui la décident à reprendre les routes du monde pour en rapporter toutes les aspérités, loin des échos formatés. Récolter des nouvelles et témoigner par son regard subjectif de voyageuse au long cours, en toute liberté de ton, voilà ce à quoi elle veut se consacrer.

Ainsi en 2009, Cécile Clocheret parcourt à pied Vietnam, Laos et Cambodge avec François Picard. Le couple fait revivre sous ses pas la piste Hõ Chí Minh et coréalise Indochine, sur la piste rouge. En 2010, c’est au Brésil que Cécile et François continuent leur exploration, cette fois à vélo sur 4 500 km. Sur la route du développement durable, ils vont à la rencontre des acteurs d’un Vert Brésil… leur prochain film. Désormais, la jeune femme fait du voyage sa vie, et de sa vie un voyage. En 2011 et 2012, elle séjourne quelques mois au Québec pour des tournées de conférences. Elle mûrit aussi l’idée d’un nouveau départ en avril 2011 : voyager seule, filmer ses retrouvailles avec les terres mayas.


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