Pascal Mongne


Bandelier National Monument – Nouveau-Mexique (États-Unis)
Année 2009
© Eta Tengberg
Archéologue spécialiste de la Méso-Amérique. Cofondateur des éditions Ginkgo.

Né à Thouars en 1953 dans une famille de « théâtreux », Pascal Mongne ne choisira cependant pas la voie des planches, mais celle de l’étude des civilisations anciennes. En effet, très tôt, il se passionne pour les mondes passés et se souvient encore de sa première visite des arènes de Lutèce, alors qu’il était âgé de 10 ans. Les ruines romaines de la capitale décideront de son avenir : il sera archéologue… C’est plus tard que sa voie se précisera, à 15 ans, avec la découverte des civilisations précolombiennes. Cette orientation sera désormais la sienne et il ne s’en écartera plus.

En 1973, Pascal Mongne entreprend des études d’archéologie à l’Université de Paris I et se familiarise alors avec le « terrain », d’abord en France, puis au Mexique qu’il découvre en 1980. Il y retournera bien des fois par la suite. Cette première mission le mènera durant plusieurs mois dans le Chiapas au sein d’une équipe française de fouilles. L’année suivante, il y séjournera à nouveau et, depuis Mexico la capitale, arpentera le pays à la recherche des sources et documents indispensables à la réalisation de la thèse qu’il prépare, tout en prenant part à plusieurs missions archéologiques dans le pays.

À son retour en France, en 1982, Pascal Mongne passe de l’autre côté de la « barrière » : il assure comme assistant une partie des cours d’archéologie précolombienne à l’Université de Paris I. Désormais, il ne cessera plus d’associer la recherche et l’enseignement supérieur, que ce soit à l’université (jusqu’en 1992) ou au sein d’autres institutions. Malgré les charges de cours prégnantes, il termine ses recherches et obtient son doctorat en 1985.

1987 marque un tournant dans la vie professionnelle de Pascal Mongne. À la demande de collègues orientalistes, il se rend en Irak et participe à une mission archéologique dans le centre du pays. Cette découverte de l’Orient le marquera profondément. Désormais, à sa spécialisation américaniste il associera une dimension orientaliste comme directeur de fouilles sur de nombreux sites archéologiques en Irak, au Pakistan, au Baloutchistan, au Liban, en Turquie, à Bahreïn et en Afghanistan. Cette expérience non négligeable de l’archéologie de terrain (plus de vingt missions) conduira d’ailleurs la Commission consultative des fouilles du ministère des Affaires étrangères à lui confier la coordination de l’ouvrage Archéologies. Cette imposante somme, parue en 2005, fait le point sur l’état de la recherche archéologique française à l’étranger.

Cependant, l’américanisme, cœur de l’engagement professionnel de Pascal Mongne, n’a jamais été oublié. S’orientant vers l’histoire de l’art précolombien (techniques traditionnelles, notamment l’art de la plumasserie), il se consacre depuis longtemps à l’inventaire des collections américanistes de France et à leur histoire. Cet axe de recherche l’a conduit à se pencher sur l’évolution de l’image européenne des Amériques depuis cinq siècles et sur la question, ô combien taboue, du faux précolombien. C’est à ces divers titres qu’il a été appelé à participer à la création du musée du Quai Branly, entre 1998 et 2000. Depuis 2001, il enseigne à l’École du Louvre, où il a créé le cours « Arts des Amériques », l’une des trente-quatre spécialités de la prestigieuse institution.

L’orientation scientifique et les connaissances qu’avait accumulées Pascal Mongne sur l’histoire des sciences humaines le conduisaient tout naturellement à faire connaître le riche patrimoine des explorations lointaines. Ginkgo, la maison d’édition fondée en 2001 avec son cousin Reynald Mongne, en est la conséquence. Depuis plus de dix ans maintenant, il dirige la collection « Mémoire d’homme », consacrée aux voyages scientifiques ou militaires, aux récits d’émigrants, aux souvenirs de ceux que la vie a emportés loin de leur terre natale. « Mémoire d’homme » veut être aussi le témoin de ceux qui, par le passé et dans leur vie quotidienne, ont traversé des situations et des lieux particuliers : ouvriers, intellectuels, politiques, artistes, jeunes… À ce jour, une trentaine de titres ont été publiés.


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