Marine Martin


Dans la toundra boisée du lac Num-To – région de Khanty-Mansiïsk (Russie)
Année 2011
© Marine Martin

Née à Hong Kong en 1989, Marine Martin grandit dans la banlieue parisienne et s’intéresse à l’apprentissage de techniques manuelles – l’archerie, la tournure sur bois ou la taille de pierre. Le baccalauréat en poche, elle se lance sans hésitation dans l’ethnologie. À 19 ans, elle part en Norvège, initialement pour se former aux techniques horticoles dans des fermes de la région du Télémark. Quelques semaines plus tard, une famille d’éleveurs saami des Nordland l’accepte comme apprentie le temps de l’automne. Cette expérience marque le début de la prise de conscience que nos sens se façonnent au gré de nos histoires personnelles et de nos socialisations, une idée qu’elle cherche à explorer dans les années suivantes.

À Paris, Marine Martin termine une licence en ethnologie et commence en parallèle l’apprentissage du russe. À 20 ans, elle saisit l’occasion d’un échange universitaire avec Novossibirsk, et gagne la Sibérie en train depuis Paris. Au début de son séjour d’un an, elle part à la rencontre des Évenks de la région de Krasnoïarsk, avec lesquels elle passe la fin de l’été, prenant part à la vie du campement. À l’automne, elle s’installe dans la « ville académique » d’Akademgorodok, à Novossibirsk : une expérience qui lui fait explorer de nouvelles perspectives parmi la jeunesse urbaine. À l’automne 2011, elle part séjourner auprès des Nénets des forêts de la région de Khanty-Mansiïsk, l’une des plus touchées par l’exploitation des hydrocarbures. Là, elle s’intéresse à l’apprentissage technique selon des rapports de genre, c’est-à-dire à ce que signifie, en termes de savoir-faire, devenir homme ou femme, et les passages entre ces catégories. Cette expérience sera le point de départ d’une réflexion sur l’exotisme dans les voyages des personnes blanches. De retour à Paris, elle réalise un master en genre et sexualité à l’EHESS, à propos des relations affectives des jeunes Russes ethniques d’Akademgorodok, à la suite de deux terrains de recherches dans cette petite ville de Sibérie à l’hiver 2013 et au printemps 2014.

Marine Martin a remporté une bourse Zellidja en 2010 et 2011 et, en 2012, a reçu le prix des « Premiers pas de l’aventure » au Grand Bivouac d’Albertville pour ce qu’elle a rapporté de son séjour chez les Nénets des forêts. En 2014, elle présente avec le collectif En Brassées une création à la croisée de l’anthropologie et des arts de la marionnette contemporaine : « Désirs d’Iran ? » est ainsi joué au festival du Grand Bivouac, une expérience qui interroge à la fois la propension à parler d’autrui dans les milieux du voyage et la gestuelle de l’affection entre femmes.


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