Antoine Cottereau


Marad Beach – Karnataka (Inde)
Année 2010
© Antoine Cottereau

Né au Mans en 1987, Antoine Cottereau voit le jour au sein d’une famille en grande partie issue de l’Éducation nationale, aisée et attentive en particulier à sa réussite scolaire. Taillé pour l’école, il prend rapidement la décision de ne jamais la quitter et se découvre, encouragé par ses parents, une vocation d’instituteur.

Hélas, dès l’adolescence et les premières sorties hors du cocon, Antoine Cottereau prend conscience que s’il s’en sort toujours aussi bien au plan scolaire, il fait preuve d’un certain autisme pour le reste, en particulier sur le plan sentimental. Il se sent trahi et désigne pour coupable cette école qui n’éduque que les cerveaux, au détriment des cœurs et des corps. Il se tourne bientôt vers les pédagogies alternatives, de Montessori à Rousseau. Les mots de ce dernier résonnent en lui et l’amènent à se passionner pour les théories de la décroissance, les idéaux libertaires et les peuples premiers. Si bien qu’à 21 ans, lorsqu’il décroche la licence de mathématiques qui lui ouvre les portes du concours de professeur des écoles, il n’a plus qu’une idée en tête : partir expérimenter l’idéal de société respectueuse de la nature et des hommes qu’il s’est construit par le truchement des livres et des médias.

Antoine Cottereau fait son balluchon, l’attache au porte-bagages de son vélo et met le cap au sud en quête d’écoles alternatives et de communautés néorurales. Si elles tiennent leurs promesses, il n’y croise que des gens qui lui ressemblent trop. Il se nourrit bien plus des rencontres de fortune, qui le déstabilisent et le remettent en question. Un vagabond est né, affamé d’aventure, d’inconnu et d’imprévu. Lorsqu’il traverse Gibraltar, le jeune voyageur est persuadé que l’Afrique lui en apportera plus qu’il n’en faut. Hélas, elle se révèle aussi hermétique que fascinante. Du Maroc au Sénégal, on ne lui propose qu’un rôle : touriste, spectateur de passage, consommateur d’exotisme sous toutes ses formes. Jusqu’au jour où il décide de mettre un terme à sa boulimie de kilomètres pour quitter le bitume et s’installer dans un hameau de Casamance. Là, il découvre enfin cette vie simple qu’il a cherchée partout : une vie de paysan, faite de rudes travaux et de repos mérités, de partage et d’humilité. Un idéal qui ne le quittera plus. Pourtant, trois mois plus tard, il lui faut bien admettre que son ancienne vie lui manque cruellement. Il rentre en France et, cherchant un compromis entre ses origines et ses aspirations paysannes, se forme à la fabrication de pain au levain et au four à bois auprès d’un paysan-boulanger.

Mais le monde agricole français contemporain est plus proche de l’industrie que de la paysannerie. Et le manque de liberté et d’insouciance des vagabonds se fait très vite sentir. Antoine Cottereau choisit de reprendre la route du Sud, en stop, de village en village, pendant huit mois, jusqu’aux forêts camerounaises où il partage quelque temps la vie des Pygmées baka. Rassasié, il rentre à nouveau, s’installe dans un squat toulousain doté d’un four à pain où il organise des fournées de quartier, fournit deux AMAP et écrit sur son expérience pygmée. Mais la ville l’épuise et, de nouveau, au bout d’un an, les symptômes du manque de vadrouille se font sentir. Cette fois, c’est vers l’est que le voyageur se met en quête de villages isolés. Un périple d’un an, toujours en stop, qui va l’amener à partager successivement la vie des bergers roumains, kurdes et iraniens, des paysans indiens, vietnamiens et laotiens, jusqu’aux chasseurs-cueilleurs des jungles de Papouasie.

Depuis son retour en 2011 dans l’Hexagone, Antoine Cottereau a été fermier en Ariège, berger-fromager en vallée d’Ossau et paysan-boulanger dans la Sarthe et dans la Drôme. Il se déplace toujours en stop pour provoquer le hasard des rencontres. Entre ses multiples séjours ruraux, il écume les festivals de voyage, les écoles, les cafés culturels et événements liés au monde agricole. Il y partage sa fascination pour les paysans autonomes du monde entier, à grand renfort d’images et de récits tirés de ses carnets de déroute.


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