Martin Rueff



Année 2012
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Professeur de littérature à l’université de Genève, spécialiste de Rousseau. Traducteur d’historiens et de philosophes italiens contemporains. Poète et rédacteur adjoint de la revue Po&sie.

Né à Calgary, au Canada, en 1968, Martin Rueff, professeur de littérature à l’université de Genève, est, à l’image des philosophes des Lumières (et tout particulièrement de Rousseau, dont il est l’un des spécialistes européens les plus reconnus), un esprit polymathe, dont les champs de recherche couvrent les domaines de la littérature et ses articulations avec la philosophie morale et politique, l’anthropologie et la poésie – qu’il traduit, commente et compose. Fidèle à la démarche qui guidait la pensée de ses maîtres du XVIIIe siècle, il s’attache à l’établissement d’une circulation intellectuelle entre les sciences humaines, dont les emprunts réciproques construisent des « nouages » féconds, à l’aide desquels s’élaborent les questionnements fondamentaux suscités par une œuvre ou une épistémè et s’esquisse une tentative d’appréhension de l’univers de l’intime grâce au compagnonnage avec Pavese (dont il a assuré la publication des œuvres dans la collection « Quarto ») ou Michel Deguy.

C’est ainsi que Martin Rueff jalonne le parcours heuristique de son maître ouvrage, Anthropologie et poétique, la notion de modèle chez Jean-Jacques Rousseau, d’une approche croisée qui renouvelle et refonde l’analyse de l’un des motifs essentiels du corpus. Cette thèse de doctorat, soutenue en 2001, compte 2 100 pages ; sans cesse remaniée depuis douze ans, elle est en cours de publication, en deux parties, chez Honoré Champion et Studies on Voltaire, à Oxford.

L’examen des perspectives tracées par les grandes figures de l’anthropologie (Lévi-Strauss, dont il a collaboré à l’édition des œuvres en Pléiade) et de la philosophie politique contemporaine soucieuse d’une redéfinition de son épistémologie et de son axiomatique éthique (Gramsci, Agamben, dont il a traduit nombre d’essais, Alain Badiou ou Foucault, dont il codirige la publication des textes en Pléiade également) constitue un versant majeur de l’activité critique de Martin Rueff, à laquelle on peut adjoindre son active participation au Club des moralistes, fondé à la Sorbonne par Jean Dagen et auquel prenait part Julie Boch, dans le cadre duquel, à la suite d’un colloque international, il a codirigé la publication en 2005 des actes Morales et politique chez Honoré Champion.

Enfin, Martin Rueff est également auteur d’une demi-douzaine de recueils poétiques, parmi lesquels on retiendra notamment Icare crie dans un ciel de craie, paru en 2007, pour lequel il reçoit le prix Henri-Mondor décerné par l’Académie française et le prix international de poésie francophone Ivan-Goll. Il est en outre rédacteur adjoint de la revue Po&sie, dirigée par Michel Deguy, « poète lyrique à l’apogée du capitalisme culturel » au sujet duquel il a publié une suggestive étude, parue en 2009.


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