Reza Afchar Nadéri


Sur le site de Persépolis – province de Fars (Iran)
Année 2006
© Mehran Afchar Nadéri
Photojournaliste d’origine iranienne, titulaire d’un doctorat de lettres.

Né à Machhad, dans le Khorassan iranien, en 1952, Reza Afchar Nadéri est venu pour la première fois en France dès l’âge de 5 ans avec ses parents : son père devait en effet y effectuer sa spécialisation de chirurgie. Après y avoir fréquenté l’école primaire, le jeune Reza s’en retourne en Iran cinq ans plus tard pour fréquenter le collège Saint-Louis, fondé par des lazaristes, puis le lycée franco-iranien Razi où il passe son baccalauréat.
Désireux de quitter à nouveau son pays, placé sous la botte impériale, pour accéder, après quatre années en faculté de lettres, à une culture et une liberté d’expression dignes de ce nom, il arrive à Strasbourg en 1975 où il passe sa maîtrise qui porte sur l’initiation dans Les Travailleurs de la mer d’Hugo, puis un DEA de littérature comparée sur les archétypes de l’initiation chez Hugo et Melville. Dès 1980, il poursuit à Paris III un doctorat de troisième cycle sur la littérature persane. Il s’immerge ainsi dans les textes anciens préislamiques (le Zend-Avesta, dont notamment la cosmogonie du Bundahichn, les Gâthâ de Zoroastre, etc.) et découvre les mythes fondateurs de la culture iranienne sous la direction de spécialistes mondialement réputés, comme Gilbert Lazard, Charles-Henri de Fouchécour, Hervé Bazin, Angelo Michele Piemontese. En 1982, il soutient avec mention sa thèse sur « Le mythe du forgeron dans le Livre des rois de Firdoussi ».
Entre-temps, la révolution islamique de 1979 crée une rupture avec l’étranger, aussi abandonne-t-il assez vite sa thèse d’État sur Vaez Kachefi, un auteur chiite iranien du XVIe siècle, pour entrer dans la vie active. Il obtient la nationalité française par décret en 1986 alors qu’il a déjà mis un pied dans la presse, où il est « entré par la petite porte ». Outre sa collaboration à des magazines régionaux du « Grand Est », il a travaillé pour de nombreuses publications comme : Voyage, Balades, Trek Magazine, Escape, Vivre l’Aventure, La Marche, Bon Voyage ; mais aussi à la presse généraliste comme : Voici, Gala, Nous deux, L’Humanité Dimanche, La Tribune, La Croix, Reader’s Digest.
Parallèlement, il a publié de nombreux poèmes dans des revues aussi diverses que Commune, Le Temps des cerises, Faites entrer l’infini (association Louis Aragon) ou Les Cahiers du sens, et traduit aussi bien le poète persan contemporain Ahmad Chamlu que les grands poètes classiques comme Khayyâm et Hâfiz.
Ses reportages l’ont mené tant dans les Caraïbes (Caïmans, Cuba, Floride), les Balkans (Bulgarie, Macédoine) et le pourtour méditerranéen (Égypte, Malte, Maroc) qu’au Proche- et au Moyen-Orient (Liban, Turquie, Bahreïn, Yémen), dans l’océan Indien (Djibouti, Maurice, Mayotte, Seychelles) et en Asie du Sud-Est (Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande).
Spécialisé également dans la photographie sous-marine, il a effectué de nombreux reportages pour des magazines de plongée (Océans, Plongée Mag, Subaqua, Apnéa…) que ce soit dans la mer des Caraïbes ou en mer Rouge, où il cumule dix-sept voyages, et même dans l’Atlantique Nord.
Depuis 1999, Reza Afchar Nadéri se rend tous les ans en Iran pour visiter à chaque fois une province différente et constituer un fonds d’archives photographiques.
Reza Afchar Nadéri est par ailleurs un inconditionnel du « slam », cet art poétique dit « de la rue » qui permet de traduire des phénomènes de société devant un auditoire populaire. C’est ainsi qu’il emploie sa formation littéraire à raconter sous une forme enlevée aussi bien ses reportages que les soubresauts de notre siècle en puisant sa matière dans l’arabe, l’anglais ou le verlan et l’argot des banlieues. Une production peu banale à découvrir aussi sur son site.


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