Bruno Paulet


Lac Kum – Xinjiang (Chine)
Année 2010
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Ancien informaticien, passionné par la Haute-Asie.

Né à Dakar, au Sénégal, en 1959, Bruno Paulet tient-il de ce lieu de naissance son goût du voyage ? Si tel était le cas, il reste à trouver l’origine de sa passion pour la montagne ! Son intérêt pour l’Asie est, quant à lui, plus facile à dater : il est fasciné par le Japon depuis son enfance, à une époque où Sony et Honda sont des mots inconnus en France. Il lui faut attendre les études supérieures (une école d’ingénieurs) pour prendre des cours de japonais, puis pour suivre quelques leçons aux Langues O, en auditeur libre.
Et alors qu’il cherche une affectation à Tokyo, son premier patron lui propose de partir sans délai… à Taiwan. Il accepte sur-le-champ, bien décidé à consacrer ses congés à visiter le Japon. Un an et demi plus tard, à l’automne 1986, il a troqué son japonais approximatif contre un chinois guère plus assuré. Sa mission terminée, il choisit de rentrer en France par le chemin des écoliers, et par voie de terre. Trois mois de pérégrinations en Chine atteignent leur apogée géographique et culturel lors d’une traversée du Tibet tout juste ouvert aux visiteurs individuels. Le Transsibérien, Moscou, Varsovie et le franchissement à pied du mur de Berlin complètent cette initiation. Alors qu’il songe à repartir vivre en Asie, la possibilité de créer une entreprise de logiciels le cloue pendant des années en France d’abord, puis dans la Silicon Valley. Il ne peut consacrer que de sporadiques congés à ses projets d’exploration. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il trouve une compensation en collectionnant et en étudiant les récits des explorateurs et aventuriers de l’Asie. Sven Hedin, Nikolaï Prjevalski, Aurel Stein, Alexandra David-Néel, Nicolas Bouvier, Ella Maillart contribuent ainsi à leur façon à rendre aux grands espaces une place centrale dans sa vie. Sans abandonner complètement son gagne-pain, il reprend de plus en plus souvent son bâton de pèlerin, ses skis de randonnée et ses crampons pour gravir des sommets dans le Karakoram, l’Altaï, le Caucase, le Pamir, les Tian Shan, les Kunlun, et pour faire tamponner ses passeports (il en a rempli une dizaine) de tous les visas en « -stan ». Parmi ces destinations, les marches occidentales de la Chine le fascinent particulièrement, car elles marquent l’intersection des civilisations et des religions : chamanisme, bouddhisme, confucianisme, taoïsme et islam se révèlent sous chaque pas. Si les déserts et les montagnes forment des barrières naturelles, ils ménagent aussi des lieux de passage que les vicissitudes de l’histoire ne parviennent pas à oblitérer. Bruno Paulet a ainsi constitué un inventaire d’itinéraires oubliés qu’il s’applique à étudier et à revivre, avec d’autant plus d’intérêt que beaucoup d’entre eux ont conservé leur charme et leur authenticité d’antan.


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