Anne Heurtaux


Orchha – Madhya Pradesh (Inde)
Année 2008
© Julien Demenois
Ancienne élève de l’École nationale du génie rural, des eaux et des forêts, partie avec Julien Demenois sur les traces des peuplements arméniens en Asie, du Liban à la Chine.

Née en 1976 en Provence où elle a passé ses vingt premières années, Anne Heurtaux aime la rocaille, les ciels sillonnés de vols stridents d’hirondelles, l’odeur forte de la terre mouillée, les jeux de l’ombre et de la lumière, les ruelles étroites et tortueuses, la sécheresse qui fait crisser l’air, les horizons ouverts. Elle a très peu voyagé avant de « prendre son envol », mais des rêves de paysages lointains l’ont tenue éveillée, rêves qu’elle réalise peu à peu. Les pays méditerranéens, ainsi que les pays de culture orientale et la rudesse de l’Asie centrale l’attirent particulièrement.
Son premier vrai voyage la mène en Turquie ; elle garde de celui-ci le souvenir marquant de la steppe anatolienne, découverte au petit matin, sous un ciel encore rouge, depuis la fenêtre du train de nuit d’Istanbul à Ankara. Cet attrait pour les paysages rudes et dépouillés la pousse ensuite au Ladakh avec Julien Demenois, pour leur premier voyage ensemble. Celui-ci sera par moments difficile, laissant comme un arrière-goût amer qui lui donne envie de retourner en Inde pour en avoir une approche plus sereine, ne pas rester sur cette image dure. Dès 2001, tous deux s’y rendent de nouveau, tout au sud cette fois, et dans un cadre préprofessionnel qui leur permet d’aborder le pays de façon plus enrichissante. Elle éprouve alors un véritable émerveillement pour cette culture tellement différente de la nôtre, le foisonnement de son histoire, la beauté éclatante des couleurs, des gens et de leurs gestes quotidiens, leur ténacité, leurs ressources parfois invraisemblables.
La vie professionnelle commence ensuite, un peu par hasard, en Guyane. Lieu mal connu, la Guyane est incroyablement paradoxale et – bien qu’elle soit tout le contraire d’une contrée sèche, rocailleuse et aux paysages ouverts ! – Anne Heurtaux s’y attache profondément. Son travail lui permet d’aller dans les villages de l’intérieur, où bien des choses sont encore à construire et à faire, où les difficultés parfois révoltantes liées à l’affrontement de valeurs très différentes sont réelles, mais où la persistance d’un mode de vie encore en partie traditionnel rassure toutefois. La Guyane lui a donné le goût des lieux peu connus, peu « courus », ceux qui cachent des trésors derrière l’image souvent réductrice qui en est donnée.
De décembre 2006 à juin 2008, le voyage qu’elle a effectué avec Julien Demenois constitue une forme de concrétisation de cet attrait, et un retour à ses premières aspirations ; prendre le temps (et encore l’a-t-elle trouvé trop court…) de divaguer dans les campagnes, de se perdre dans les ruelles, d’aller là où il semble qu’« il n’y ait rien à faire », de rencontrer des gens qui parlent de leur pays et de leurs origines. Le but ultime de ce voyage, l’Inde, cette grande dame, brillait comme une lumière au bout du chemin.
Dès son retour, Anne Heurtaux a trouvé un emploi à l’Office national des forêts, dans la gestion de la sylve jurassienne.


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