Christian Morel


Sud de l’île Saint-Laurent, mer de Béring – Alaska (États-Unis)
Année 2008
© Sarah Story-Manes
Photographe.

Né à Marseille en 1961, Christian Morel œuvre depuis 1985 dans le vaste domaine de la photographie corporate, du portrait et des images high-tech pour la communication des entreprises et des organismes publics – une activité qui le mène jusqu’aux antipodes en reportage à la rencontre des ouvriers, du personnel et des dirigeants de nombreux groupes industriels et de service.

À l’adolescence, Christian Morel noue une passion envahissante et exclusive qui va durer dix années pour les chevaux, l’élevage équin, le dressage des jeunes animaux et la pratique de l’équitation. Mais le cadre et la discipline aux accents militaires qui anime les clubs équestres le détournent de ce système, aussi s’oriente-t-il vers la pratique de la randonnée à cheval. C’est ainsi qu’il traversera la France avec un groupe d’amis pour joindre le Dauphiné au Languedoc-Roussillon au rythme lent du cheval au pas, des « pays » traversés et des haltes généreuses et improvisées. Quelques années plus tard, après avoir visité plusieurs haras nationaux en se confrontant aux règles immuables qui animent ces hauts lieux de la conservation des races, il abandonne définitivement l’idée de faire carrière dans l’élevage et se tourne vers sa seconde passion, la photographie.

Christian Morel s’échappe seul tout un été à vélo pour relier la Côte d’Azur aux rivages du Pays basque. Cette randonnée, bien qu’empruntant nombre de départementales, l’enrichit de maintes rencontres et découvertes. Partir, aller tout droit, enchaîner les journées, ne plus dépendre que de son désir, de ses émotions, de sa motivation, voilà une nouvelle façon d’entrevoir la vie. Dès lors, il n’aura de cesse de retrouver ce bonheur du voyage qui dure, de la randonnée la plus longue possible. Il traverse à pied, sac au dos, Vosges et Pyrénées. Il apprend à chausser ses skis dans la profonde, à installer un bivouac dans la poudrerie, à tirer sa pulka sur les crêts du Jura, à travers le massif des Muotkatunturi en Laponie ou dans le dédale des vallées du Sarek en Scandinavie. En 1989, à l’occasion d’un voyage en Alaska, il est conquis par la majestueuse beauté de l’Arctique. Il enchaîne alors les raids sur la neige et la banquise, et apprend à faire du qajaq, le kayak des mers froides, une révélation comme mode de déplacement, voire d’existence. Il se passionne aussi pour la culture inuit, l’histoire autochtone et les récits d’exploration. Avec l’expérience, il devient accompagnateur de voyages dans l’Arctique, au Groenland, au Canada, au Nunavut, au Spitzberg et en Alaska. Il initie des raids de reconnaissance dans le Haut-Arctique, s’entraîne en mer tout au long de l’année avec un tour de Bretagne, de Corse ou de Martinique. En 2001, il entreprend une périlleuse expédition de soixante-dix jours en kayak de mer avec son compagnon d’aventure François Donay du sud au nord de la côte orientale du Groenland, à l’inverse de la dérive arctique.

Christian Morel est le créateur de spectacles multivision tels que Sheenjek, Devon Island, Qaanaaq, De la Sibérie au Groenland et La Quête du brash, qui sera diffusé plus de quarante fois en France, en Angleterre, en Écosse, en Suisse et en Espagne et recevra une palme d’or au Festival international d’image de Saint-Étienne en 2003. Il participe à des conférences en tant qu’intervenant polaire et sera pendant quatre ans le coordonnateur pour GNGL du festival des Nuits polaires à l’Institut océanographique de Paris.

En 2005, plus d’un an avant le lancement de la 4e Année polaire internationale, Christian Morel décide de se consacrer avec l’Association planète polaire à la réalisation d’un projet photographique sans précédent : dresser un portrait photographique contemporain de fond de la science en terrain polaire. L’objectif n’est pas de couvrir quelques thématiques de recherche mais de construire une vision transversale, innovante, multidisciplinaire, internationale, fédérative et pédagogique des missions scientifiques en milieu polaire. En 2009, le projet « Notre patrimoine polaire/Our Polar Heritage » est labellisé « Année polaire internationale ». Il induit deux années de reportages et quatorze missions dans l’Arctique auprès de quelque trois cents spécialistes venus de cinquante-cinq nations. L’ensemble est un témoignage artistique et un pan de l’histoire de ces chercheurs qui vouent leur existence à la connaissance de ces écosystèmes extrêmes. « Notre patrimoine polaire/Our Polar Heritage » est le plus vaste projet photographique mondial de l’API et le témoignage en images de cet extraordinaire programme scientifique, ce qui lui vaudra une exposition inédite de soixante-seize photographies sur 500 mètres carrés à l’ONU à Genève à l’occasion de la clôture de l’API. L’exposition, en collaboration avec cent six chercheurs polaires internationaux, a depuis été présentée sept autres fois en France, en Suisse, en Norvège et au Canada.


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