Kenneth White

Poète, essayiste et écrivain-voyageur d’origine écossaise. Inventeur de la géopoétique.

Né à Glasgow en 1936, Kenneth White a passé son enfance et son adolescence sur la côte ouest de l’Écosse, face à l’archipel des Hébrides et à l’Atlantique. Il a poursuivi ses études (langues, littérature et philosophie) d’abord aux universités de Glasgow et de Munich, puis à Paris, où il a soutenu sa thèse de doctorat d’État sur « Le nomadisme intellectuel ». Après avoir publié ses premiers livres à Londres, il rompt avec la scène britannique en 1967, et s’installe en France, d’abord dans les Pyrénées-Atlantiques, ensuite, depuis 1983, sur la côte nord de la Bretagne.
Il est l’auteur d’une œuvre importante – essais, prose narrative, poésie –, activité littéraire triple qu’il compare à une flèche : les essais sont les pennes qui donnent la direction ; la tige de la flèche, ce sont les œuvres narratives, surtout, mais pas exclusivement, des livres de voyage ; la tête de la flèche, c’est le poème.
Les essais de White, depuis La Figure du dehors qui a été éclairante pour beaucoup, ouvrant de nombreuses pistes, se lisent comme une grande cartographie de l’esprit. Après La Figure du dehors, Une apocalypse tranquille fait une critique décapante du contexte littéraire et culturel contemporain. L’Esprit nomade suit le chemin du nomade intellectuel à travers le temps et l’espace, et Le Plateau de l’albatros ouvre le grand champ de la géopoétique.
Ce nomade intellectuel a beaucoup voyagé. Une série de voyages à travers l’Europe a donné Dérives. Ensuite, ce fut La Route bleue, de Montréal et à la baie d’Ungava au Labrador. Dans Le Visage du vent d’est, il est en Asie : Hong-Kong, plaque tournante de l’Orient et de l’Occident, puis Macao, l’île de Taiwan, la Thaïlande. Un autre voyage le conduit au Japon, et c’est Les Cygnes sauvages, où il suit les traces du poète Bashô depuis Tokyo jusqu’au nord de l’île de Honshu, avant de prolonger l’itinéraire à Hokkaido. Le titre d’un très récent livre (2006), Le Rôdeur des confins, qui brasse un territoire allant des Orcades à la Polynésie, se lit comme un programme, non seulement de littérature, mais de vie.
Quant à la poésie de White, qui allie l’énergie d’un Cendrars à la force intellectuelle d’un Valéry, elle prend deux formes : le poème-diamant, court, concentré (comme dans Terre de diamant) et le long poème narratif comme « Le dernier voyage de Brandan » ou « Le rêve d’Ovide ». Il est aussi l’auteur d’un des rares longs poèmes de la modernité, « Le grand rivage », divisé en cinquante-trois sections qui sont comme autant de vagues déferlant sur une côte fragmentée.
L’œuvre de White s’est vu décerner de nombreux prix : prix Médicis étranger, grand prix du Rayonnement français de l’Académie française, prix Alfred-de-Vigny, prix Roger-Caillois, entre autres.
White a occupé la chaire de Poétique du XXe siècle à Paris-Sorbonne de 1983 à 1996. En 1989, il a fondé l’Institut international de géopoétique et dirige actuellement les Cahiers de géopoétique. On a dit de cet Européen scotto-français qu’il appartient à « une avant-garde silencieuse » qui, parmi tout le brouhaha, s’efforce d’ouvrir un nouvel espace de pensée, d’écriture, de culture.


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