
Le cri du chasseur :
« Situé dans la partie nord du Marais, dite “le Haut Marais”, le marché couvert des Enfants-Rouges est à quinze minutes à pied de la rue Saint-Martin.
Si certains, comme Loïc, effectuent leurs emplettes dans le plus vieux marché alimentaire de la capitale, c’est avant tout pour s’offrir la joie d’une ambiance parisienne et rustique, une ambiance “bobo”.
Passé le porche métallique situé dans la rue de Bretagne, accompagné de sa femme et de ses deux enfants, traînant derrière lui un chariot de course et un “trop mignon” Jack Russell terrier, le bourgeois-bohème pénètre dans un univers cosmopolite et distingué où s’entremêlent les parfums captivants des cuisines française, libanaise, italienne, marocaine, japonaise, africaine? Le dimanche matin, vers midi, compressé par ses semblables, étouffé par le manque d’espace entre les éventaires, bousculé par les touristes, assourdi par les bonimenteurs, le bourgeois-bohème s’épanouit.
Et un dimanche matin, donc, dans le marché couvert des Enfants-Rouges, Loïc rencontra Myriam.
La simplicité de cette phrase pourrait laisser croire aux plus romantiques d’entre vous que Loïc, au premier regard qu’il posa sur la jeune et belle Myriam, devint fou d’amour. Cette croyance serait abusive. Car au premier regard qu’il posa sur Myriam la fromagère, Loïc pensa seulement qu’il lui montrerait bien comment se déploie son canapé-lit. Les dix clients qui le précédaient lui permirent d’établir le portrait psychologique de son gibier. Quand vint son tour, il traqua la gentille Myriam d’une façon si habile qu’en plus du brie de Meaux et du fromage de Beaufort il obtint son prénom, son sourire et son numéro de téléphone. De retour chez lui, Loïc se demanda ce qui, des fromages ou de la fromagère, lui mettait le plus l’eau à la bouche.
Le lendemain, dans la nuit du lundi au mardi, Myriam et Loïc s’endormirent l’un contre l’autre, sans avoir ouvert le canapé-lit. »
Recommencer (p. 11-13)
La demande (p. 25-27)
La vie romantique (p. 159-161)
« Situé dans la partie nord du Marais, dite “le Haut Marais”, le marché couvert des Enfants-Rouges est à quinze minutes à pied de la rue Saint-Martin.
Si certains, comme Loïc, effectuent leurs emplettes dans le plus vieux marché alimentaire de la capitale, c’est avant tout pour s’offrir la joie d’une ambiance parisienne et rustique, une ambiance “bobo”.
Passé le porche métallique situé dans la rue de Bretagne, accompagné de sa femme et de ses deux enfants, traînant derrière lui un chariot de course et un “trop mignon” Jack Russell terrier, le bourgeois-bohème pénètre dans un univers cosmopolite et distingué où s’entremêlent les parfums captivants des cuisines française, libanaise, italienne, marocaine, japonaise, africaine? Le dimanche matin, vers midi, compressé par ses semblables, étouffé par le manque d’espace entre les éventaires, bousculé par les touristes, assourdi par les bonimenteurs, le bourgeois-bohème s’épanouit.
Et un dimanche matin, donc, dans le marché couvert des Enfants-Rouges, Loïc rencontra Myriam.
La simplicité de cette phrase pourrait laisser croire aux plus romantiques d’entre vous que Loïc, au premier regard qu’il posa sur la jeune et belle Myriam, devint fou d’amour. Cette croyance serait abusive. Car au premier regard qu’il posa sur Myriam la fromagère, Loïc pensa seulement qu’il lui montrerait bien comment se déploie son canapé-lit. Les dix clients qui le précédaient lui permirent d’établir le portrait psychologique de son gibier. Quand vint son tour, il traqua la gentille Myriam d’une façon si habile qu’en plus du brie de Meaux et du fromage de Beaufort il obtint son prénom, son sourire et son numéro de téléphone. De retour chez lui, Loïc se demanda ce qui, des fromages ou de la fromagère, lui mettait le plus l’eau à la bouche.
Le lendemain, dans la nuit du lundi au mardi, Myriam et Loïc s’endormirent l’un contre l’autre, sans avoir ouvert le canapé-lit. »
(p. 47-48)
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La demande (p. 25-27)
La vie romantique (p. 159-161)