
Le plus grand poète :
« Perché sur le camion poubelle de l’île de Mozambique, le plus célèbre poète portugais, le chantre des Grandes Découvertes, le héraut du Siècle d’or, se pavane quelque temps dans les rues tortueuses, avant de regagner finalement son piédestal. Un ambassadeur est de passage, on fait quelques discours, on applaudit. C’est ainsi que la fraise et les culottes bouffantes du poète attrapent de nouveau l’air iodé du large. LuÃs de Camões admire une fois encore sans ciller une mer qui a été pour lui si cruelle.
Son âme a sans doute trouvé le repos. Moins de dix ans après son retour, les armes se sont tues au Mozambique. La longue guerre civile qui déchirait le pays s’est enfin achevée et la paix est définitivement revenue. Les enfants ont repris leurs jeux à l’ombre de la statue et le pays commence à penser à l’avenir. En ce mois d’été, je suis moi-même une passante de ce présent apaisé. Lorsque je quitte la pension de Dona Flora, je ne peux m’empêcher de lui jeter un dernier regard. Avant de me mettre en route, je me surprends même à lui adresser un discret sourire. Après tant de déboires, le compagnon fidèle de mon séjour mérite bien un peu de ma compassion. Les habitants de l’île avaient raison. »
Fleurs indiennes (p. 99-104)
Capulana (p. 154-159)
Collègues (p. 201-206)
« Perché sur le camion poubelle de l’île de Mozambique, le plus célèbre poète portugais, le chantre des Grandes Découvertes, le héraut du Siècle d’or, se pavane quelque temps dans les rues tortueuses, avant de regagner finalement son piédestal. Un ambassadeur est de passage, on fait quelques discours, on applaudit. C’est ainsi que la fraise et les culottes bouffantes du poète attrapent de nouveau l’air iodé du large. LuÃs de Camões admire une fois encore sans ciller une mer qui a été pour lui si cruelle.
Son âme a sans doute trouvé le repos. Moins de dix ans après son retour, les armes se sont tues au Mozambique. La longue guerre civile qui déchirait le pays s’est enfin achevée et la paix est définitivement revenue. Les enfants ont repris leurs jeux à l’ombre de la statue et le pays commence à penser à l’avenir. En ce mois d’été, je suis moi-même une passante de ce présent apaisé. Lorsque je quitte la pension de Dona Flora, je ne peux m’empêcher de lui jeter un dernier regard. Avant de me mettre en route, je me surprends même à lui adresser un discret sourire. Après tant de déboires, le compagnon fidèle de mon séjour mérite bien un peu de ma compassion. Les habitants de l’île avaient raison. »
(p. 75)
Fleurs indiennes (p. 99-104)
Capulana (p. 154-159)
Collègues (p. 201-206)