
År 5 ~ Bascule :
« Lars raconte leur périple, elle corrige ou complète d’un air expert. La montée a été longue pour atteindre le sommet du glacier à 1 876 mètres. La neige portait mal, ils ont dû pousser le traîneau très souvent pour soulager le renne. Les séracs étaient magnifiques, ils ont pu tester leur matériel d’alpinisme.
— Maman, je sais comment utiliser le piolet maintenant, et faire les bons nœuds de corde !
— Liv s’en est sortie à merveille. Une vraie montagnarde ! La descente sur Demmevasshytta n’a pas été simple car un maudit brouillard s’est levé en début d’après-midi.
— On a sorti la carte et la boussole !
— Sans ça, on n’arrivait jamais à bon port?
À la cabane, ils ont trouvé une autre cordée qui dormait là. Toute la soirée, les hommes ont parlé de matériel, de technique, de sommets, d’expéditions polaires. Et Liv, au milieu d’eux, fascinée. Certains connaissaient son père. Un bon gars, cet Arne. Et les voilà repartis dans des histoires de montagne dans lesquelles Arne passait pour un héros. Chaque parcelle de Liv était pur bonheur.
— Les deux jours suivants ont été plus tranquilles, il y avait moins de distance, plus de dénivelé négatif. Nous avons pris du temps pour observer le paysage et les animaux.
— On a installé notre camp en plein milieu de nulle part, à côté d’un ruisseau qui se frayait un chemin dans les sillons de neige !
— Quelle aventure ! Et avez-vous eu froid durant la nuit ?
— Il a fait certainement autour de -10 °C, le ciel était complètement dégagé. Mais c’était un froid sec et on avait un sacré paquet de couvertures.
— Surtout, maman, il y a eu une aurore boréale comme je n’en avais jamais vu ! Plus belle que toutes celles qu’on peut voir de Finse ! Elle a duré tellement longtemps, c’était irréel !
— C’est d’autant plus incroyable qu’en mai ce n’est plus trop la saison.
— Le troisième jour, c’est moi qui ai guidé le traîneau toute la journée !
— Même dans la descente de Dyrhaugane ?
— Oui ! Même là !
— J’étais juste à côté au cas où, mais elle a parfaitement géré toute seule. Ces trois jours ont été formidables, pas vrai, Liv ?
— Oui, formidables !
Les yeux de Liv brillent et divaguent vers de nouveaux rêves intérieurs. Lars repart le lendemain matin, lui laissant du matériel de montagne. Tous deux se serrent fort dans les bras. Magde en profite pour poser un petit paquet sur le traîneau. Un gâteau aux carottes, sa spécialité, et un opuscule de poésie choisi dans sa bibliothèque. Un peu de terrestre, un peu de céleste. C’est si peu. Mais comment le remercier pour cette révolution qu’il a engendrée ? »
�…r 0 ~ Trinité (p. 45-46)
�…r 10 ~ Horizons (p. 134-135)
Extrait court
« Lars raconte leur périple, elle corrige ou complète d’un air expert. La montée a été longue pour atteindre le sommet du glacier à 1 876 mètres. La neige portait mal, ils ont dû pousser le traîneau très souvent pour soulager le renne. Les séracs étaient magnifiques, ils ont pu tester leur matériel d’alpinisme.
— Maman, je sais comment utiliser le piolet maintenant, et faire les bons nœuds de corde !
— Liv s’en est sortie à merveille. Une vraie montagnarde ! La descente sur Demmevasshytta n’a pas été simple car un maudit brouillard s’est levé en début d’après-midi.
— On a sorti la carte et la boussole !
— Sans ça, on n’arrivait jamais à bon port?
À la cabane, ils ont trouvé une autre cordée qui dormait là. Toute la soirée, les hommes ont parlé de matériel, de technique, de sommets, d’expéditions polaires. Et Liv, au milieu d’eux, fascinée. Certains connaissaient son père. Un bon gars, cet Arne. Et les voilà repartis dans des histoires de montagne dans lesquelles Arne passait pour un héros. Chaque parcelle de Liv était pur bonheur.
— Les deux jours suivants ont été plus tranquilles, il y avait moins de distance, plus de dénivelé négatif. Nous avons pris du temps pour observer le paysage et les animaux.
— On a installé notre camp en plein milieu de nulle part, à côté d’un ruisseau qui se frayait un chemin dans les sillons de neige !
— Quelle aventure ! Et avez-vous eu froid durant la nuit ?
— Il a fait certainement autour de -10 °C, le ciel était complètement dégagé. Mais c’était un froid sec et on avait un sacré paquet de couvertures.
— Surtout, maman, il y a eu une aurore boréale comme je n’en avais jamais vu ! Plus belle que toutes celles qu’on peut voir de Finse ! Elle a duré tellement longtemps, c’était irréel !
— C’est d’autant plus incroyable qu’en mai ce n’est plus trop la saison.
— Le troisième jour, c’est moi qui ai guidé le traîneau toute la journée !
— Même dans la descente de Dyrhaugane ?
— Oui ! Même là !
— J’étais juste à côté au cas où, mais elle a parfaitement géré toute seule. Ces trois jours ont été formidables, pas vrai, Liv ?
— Oui, formidables !
Les yeux de Liv brillent et divaguent vers de nouveaux rêves intérieurs. Lars repart le lendemain matin, lui laissant du matériel de montagne. Tous deux se serrent fort dans les bras. Magde en profite pour poser un petit paquet sur le traîneau. Un gâteau aux carottes, sa spécialité, et un opuscule de poésie choisi dans sa bibliothèque. Un peu de terrestre, un peu de céleste. C’est si peu. Mais comment le remercier pour cette révolution qu’il a engendrée ? »
(p. 78-80)
�…r 0 ~ Trinité (p. 45-46)
�…r 10 ~ Horizons (p. 134-135)
Extrait court