
La première canne :
« Ah, l’achat de ma première canne ! Je m’en souviens encore? C’était avec ma mère ; j’avais 7 ans quand elle m’emmena chez un détaillant d’articles de pêche. Si je ferme les yeux, je revois encore distinctement la boutique avec, au centre, ses trois marches de pierre, sa devanture peinte en vert clair, ses deux vitrines de part et d’autre qui me faisaient rêver par leur profusion de matériel : moulinets en tout genre, boîtes à mouches, flotteurs, épuisettes, carafes à poisson, paniers-sièges, Opinel, que sais-je encore ? Quand je poussai la porte du magasin, on entendit un doux bruit, comme un vrillage métallique, qui prévint le vendeur de l’arrivée d’un client. Je me trouvais dans la caverne d’Ali Baba. Face à moi, le rayonnage des cannes en bambou, à droite derrière le comptoir une étagère en bois qui portait des moulinets flambant neufs ; au plafond, toutes sortes de pièges à poissons suspendus, des nasses, des filets, des bourriches? Et puis le parfum des amorces qui se mêlait à celui du Malabar que j’avais dans la bouche? “Messieurs-Dames, bonjour, que puis-je pour vous ?” demanda le marchand. “Une canne, une canne à pêche pour le jeune homme”, répondit ma mère. “Pour pêcher le vairon, Monsieur !” ajoutai-je.
Il me mit dans les mains une canne en bambou à quatre brins avec des viroles en cuivre, ainsi qu’une ligne à vairons sur son plioir avec son flotteur et sa rondelle Pépère. Comme le retour à la ferme de mon grand-père, puis les préparatifs du repas me semblèrent longs ! Quelle interminable attente avant d’aller pêcher ! Les deux coups de l’horloge sonnèrent l’heure de ma liberté : je pus enfin gagner la rivière qui passait à 200 mètres de la ferme de Clair, dans le champ des vaches. »
Un maître de pêche (p. 42-45)
Le moucheur et la rivière (p. 66-68)
Extrait court
« Ah, l’achat de ma première canne ! Je m’en souviens encore? C’était avec ma mère ; j’avais 7 ans quand elle m’emmena chez un détaillant d’articles de pêche. Si je ferme les yeux, je revois encore distinctement la boutique avec, au centre, ses trois marches de pierre, sa devanture peinte en vert clair, ses deux vitrines de part et d’autre qui me faisaient rêver par leur profusion de matériel : moulinets en tout genre, boîtes à mouches, flotteurs, épuisettes, carafes à poisson, paniers-sièges, Opinel, que sais-je encore ? Quand je poussai la porte du magasin, on entendit un doux bruit, comme un vrillage métallique, qui prévint le vendeur de l’arrivée d’un client. Je me trouvais dans la caverne d’Ali Baba. Face à moi, le rayonnage des cannes en bambou, à droite derrière le comptoir une étagère en bois qui portait des moulinets flambant neufs ; au plafond, toutes sortes de pièges à poissons suspendus, des nasses, des filets, des bourriches? Et puis le parfum des amorces qui se mêlait à celui du Malabar que j’avais dans la bouche? “Messieurs-Dames, bonjour, que puis-je pour vous ?” demanda le marchand. “Une canne, une canne à pêche pour le jeune homme”, répondit ma mère. “Pour pêcher le vairon, Monsieur !” ajoutai-je.
Il me mit dans les mains une canne en bambou à quatre brins avec des viroles en cuivre, ainsi qu’une ligne à vairons sur son plioir avec son flotteur et sa rondelle Pépère. Comme le retour à la ferme de mon grand-père, puis les préparatifs du repas me semblèrent longs ! Quelle interminable attente avant d’aller pêcher ! Les deux coups de l’horloge sonnèrent l’heure de ma liberté : je pus enfin gagner la rivière qui passait à 200 mètres de la ferme de Clair, dans le champ des vaches. »
(p. 20-21)
Un maître de pêche (p. 42-45)
Le moucheur et la rivière (p. 66-68)
Extrait court