
Le promeneur errant :
« J’ai traversé les années comme un promeneur errant, observant le monde autour de moi avec stupeur et curiosité. Dans mes flâneries, j’ai croisé le genre humain et je me suis souvent demandé si j’en étais partie prenante. La réponse n’a pas toujours été évidente : autrui est un mystère. Au cours de l’adolescence en particulier, cette distance a été une souffrance inévitable. Pendant cet âge où l’on doit faire le choix de la normalité tout en luttant contre elle comme un noyé se débat pour retrouver de l’air, j’ai souvent maudit mon cerveau, qui me plaçait dans une position d’observation critique. Disons-le tout net : j’ai été un lycéen sinistre et un étudiant méprisant. Tandis que mes pairs rivalisaient de sociabilité, d’activités débordantes de vitalité, de fêtes bruyantes et d’expressions hormonales diverses, je restais stoïque, distant. Les autres s’agitaient autour de moi ; moi, je m’agitais à l’intérieur. Mon goût pour le voyage immobile est né de ce bouillonnement. Il n’est pas dirigé vers la découverte ou la transformation du monde : il ne métamorphose que l’intérieur. Par la suite, j’ai acquis la certitude que cette mutation interne était une étape nécessaire à l’évolution d’un monde anthropocentré constitué d’une myriade d’individualités. »
Examen de conscience (p. 30-34)
Voyage satellitaire (p. 40-43)
Le syndrome du voyageur (p. 61-64)
« J’ai traversé les années comme un promeneur errant, observant le monde autour de moi avec stupeur et curiosité. Dans mes flâneries, j’ai croisé le genre humain et je me suis souvent demandé si j’en étais partie prenante. La réponse n’a pas toujours été évidente : autrui est un mystère. Au cours de l’adolescence en particulier, cette distance a été une souffrance inévitable. Pendant cet âge où l’on doit faire le choix de la normalité tout en luttant contre elle comme un noyé se débat pour retrouver de l’air, j’ai souvent maudit mon cerveau, qui me plaçait dans une position d’observation critique. Disons-le tout net : j’ai été un lycéen sinistre et un étudiant méprisant. Tandis que mes pairs rivalisaient de sociabilité, d’activités débordantes de vitalité, de fêtes bruyantes et d’expressions hormonales diverses, je restais stoïque, distant. Les autres s’agitaient autour de moi ; moi, je m’agitais à l’intérieur. Mon goût pour le voyage immobile est né de ce bouillonnement. Il n’est pas dirigé vers la découverte ou la transformation du monde : il ne métamorphose que l’intérieur. Par la suite, j’ai acquis la certitude que cette mutation interne était une étape nécessaire à l’évolution d’un monde anthropocentré constitué d’une myriade d’individualités. »
(p. 14-15)
Examen de conscience (p. 30-34)
Voyage satellitaire (p. 40-43)
Le syndrome du voyageur (p. 61-64)