
La lumière en toute chose :
« Voyager permet à l’amateur de cet art d’être à l’affût de cette réalité de la lumière. Grâce aux jours d’isolement, loin de vos repères familiers, débarrassé de vos habitudes, vous redevenez un observateur conscient, presque un pur œil, quelqu’un qui utilise l’ensemble de ses facultés et non pas seulement son regard pour comprendre ce qui l’entoure. Après plusieurs jours de voyage, votre corps tout entier commence à ressentir la lumière : lorsqu’elle pénètre les pores de votre peau, vous pressentez la manière dont elle va traverser le verre de votre lentille ; la chaleur, en vous faisant légèrement transpirer, vous indique que les contrastes entre ombre et lumière sont en train de devenir trop forts. Le temps et l’expérience permettent seuls d’associer ainsi des sensations physiques à l’espérance d’un résultat photographique. Par exemple, la clarté du son qui vous arrive est souvent en corrélation avec la lumière du lieu où vous vous trouvez. Lorsque les sons sont lointains et indistincts, il en est de même pour les détails à l’arrière-plan : il faut alors éviter de capturer des paysages trop éloignés. De même, l’odeur de la poussière est un indice que l’horizon est en train de se flouter sous l’effet de la température. C’est en pratiquant cet état de réceptivité où la vue est secondée par les autres sens que je crois avoir réalisé mes plus beaux clichés, ceux dont je peux dire aujourd’hui que leur qualité tient autant au regard à proprement parler qu’à l’émotion générale, presque physique, qui s’en dégage. »
Le sujet qu’est la lumière (p. 19-22)
La juste distance (p. 51-54)
La faculté photographique (p. 72-76)
« Voyager permet à l’amateur de cet art d’être à l’affût de cette réalité de la lumière. Grâce aux jours d’isolement, loin de vos repères familiers, débarrassé de vos habitudes, vous redevenez un observateur conscient, presque un pur œil, quelqu’un qui utilise l’ensemble de ses facultés et non pas seulement son regard pour comprendre ce qui l’entoure. Après plusieurs jours de voyage, votre corps tout entier commence à ressentir la lumière : lorsqu’elle pénètre les pores de votre peau, vous pressentez la manière dont elle va traverser le verre de votre lentille ; la chaleur, en vous faisant légèrement transpirer, vous indique que les contrastes entre ombre et lumière sont en train de devenir trop forts. Le temps et l’expérience permettent seuls d’associer ainsi des sensations physiques à l’espérance d’un résultat photographique. Par exemple, la clarté du son qui vous arrive est souvent en corrélation avec la lumière du lieu où vous vous trouvez. Lorsque les sons sont lointains et indistincts, il en est de même pour les détails à l’arrière-plan : il faut alors éviter de capturer des paysages trop éloignés. De même, l’odeur de la poussière est un indice que l’horizon est en train de se flouter sous l’effet de la température. C’est en pratiquant cet état de réceptivité où la vue est secondée par les autres sens que je crois avoir réalisé mes plus beaux clichés, ceux dont je peux dire aujourd’hui que leur qualité tient autant au regard à proprement parler qu’à l’émotion générale, presque physique, qui s’en dégage. »
(p. 24-26)
Le sujet qu’est la lumière (p. 19-22)
La juste distance (p. 51-54)
La faculté photographique (p. 72-76)