
Précieuse solitude :
« Enfin seul ! Absolument seul ! Pas un dromadaire à surveiller ni duquel s’occuper ; plus personne à qui parler ni quiconque pour juger les décisions prises. J’éprouve cette liberté totale que je désirais à nouveau. Ma solitude choisie, positive, va me permettre de me retrouver ; elle est de celles qui restaurent la compréhension de soi, qui incitent celui qui en fait l’expérience à sonder la profondeur de son âme. Je sens le vent qui n’est que caresse sur mon visage. Le soleil réchauffe mon cœur dans une jouissance indicible. Le parfum du néant m’enivre. L’isolement saharien assèche les sentiments de compassion ou d’indulgence qui sont propres à la nature humaine. Je redécouvre une communion physique et intellectuelle aiguë avec cette nature souveraine, impériale. Lorsque je regarde aux quatre points cardinaux, je ne vois que la vraie vie, celle qui ne produit que l’essentiel, dans un subtil mélange de calme et de sensations distillées dans leur paroxysme. L’apaisement est si profond que je m’immerge dans le silence et me rapproche de l’imperceptible. Tout ce que je ne regardais pas va devenir visible ; tout ce que je n’écoutais pas va devenir audible à l’intérieur comme à l’extérieur de mon enveloppe. Je me plonge entier et sans pudeur dans l’immense espace que je ne discernais pas encore. J’expérimente l’essentiel, l’animal, l’essence de la vie primitive, dans l’absolu de la divine nature sauvage. Mon sentiment de solitude engendre l’énergie et la force de survivre dans le bien-être de la paix et de la tranquillité reconquises. C’est une richesse qui permet un accès à l’exploration intérieure par le détachement de l’impression de dépendance à l’égard de la communauté des hommes. Une richesse qui concentre la réflexion, qui insuffle la spiritualité, qui crée l’harmonie, loin des phénomènes de dispersion, de contamination ou d’amalgame inhérents au contact avec autrui. La solitude devient alors le miroir de l’âme, dans une épuration positive qui conduit le pèlerin à marcher tête haute vers les méandres de sa conscience. »
Dans la peau du chamelier (p. 21-22)
Désert vivant (p. 51-53)
Les mineurs de Taoudenni (p. 174-175)
« Enfin seul ! Absolument seul ! Pas un dromadaire à surveiller ni duquel s’occuper ; plus personne à qui parler ni quiconque pour juger les décisions prises. J’éprouve cette liberté totale que je désirais à nouveau. Ma solitude choisie, positive, va me permettre de me retrouver ; elle est de celles qui restaurent la compréhension de soi, qui incitent celui qui en fait l’expérience à sonder la profondeur de son âme. Je sens le vent qui n’est que caresse sur mon visage. Le soleil réchauffe mon cœur dans une jouissance indicible. Le parfum du néant m’enivre. L’isolement saharien assèche les sentiments de compassion ou d’indulgence qui sont propres à la nature humaine. Je redécouvre une communion physique et intellectuelle aiguë avec cette nature souveraine, impériale. Lorsque je regarde aux quatre points cardinaux, je ne vois que la vraie vie, celle qui ne produit que l’essentiel, dans un subtil mélange de calme et de sensations distillées dans leur paroxysme. L’apaisement est si profond que je m’immerge dans le silence et me rapproche de l’imperceptible. Tout ce que je ne regardais pas va devenir visible ; tout ce que je n’écoutais pas va devenir audible à l’intérieur comme à l’extérieur de mon enveloppe. Je me plonge entier et sans pudeur dans l’immense espace que je ne discernais pas encore. J’expérimente l’essentiel, l’animal, l’essence de la vie primitive, dans l’absolu de la divine nature sauvage. Mon sentiment de solitude engendre l’énergie et la force de survivre dans le bien-être de la paix et de la tranquillité reconquises. C’est une richesse qui permet un accès à l’exploration intérieure par le détachement de l’impression de dépendance à l’égard de la communauté des hommes. Une richesse qui concentre la réflexion, qui insuffle la spiritualité, qui crée l’harmonie, loin des phénomènes de dispersion, de contamination ou d’amalgame inhérents au contact avec autrui. La solitude devient alors le miroir de l’âme, dans une épuration positive qui conduit le pèlerin à marcher tête haute vers les méandres de sa conscience. »
(p. 91-92)
Dans la peau du chamelier (p. 21-22)
Désert vivant (p. 51-53)
Les mineurs de Taoudenni (p. 174-175)