
Au pied de la déesse Ganga :
« En contemplant par le hublot la mer infinie de nuages, et l’immensité des montagnes afghanes à l’aspect de terre cuite, j’imaginais le Gange : le meilleur des guides pour découvrir l’Inde religieuse ! Ce fleuve gigantesque représentait mon désir d’expérimenter le sacré au quotidien, d’arpenter l’Inde rurale, de rencontrer les gens jusque dans leur intimité ; au fil de l’eau, au fil des mythes, au fil des traditions? “Est-il un fleuve dont le nom évoque de plus poétiques légendes et ne semble-t-il pas que toute l’Inde se résume en lui ?” disait Jules Verne. Il est vrai que, pour les hindous, Ganga est une déesse, non pas seulement un fleuve mais l’image d’une réalité spirituelle, un gué entre le monde des vivants et celui des morts. L’immersion dans le Gange lave le croyant de ses péchés et la dispersion de ses cendres dans les eaux lui apporte une meilleure vie future. C’est pourquoi les Indiens lui ont donné plus de mille noms : “Mère de tout ce qui vit”, “Source du bonheur”, “Délectable pour les yeux”, “Immortelle”, “Porteuse de chance”, “Incarnation de l’Esprit suprême”? Pour moi, le Gange était l’écho d’un temps où l’homme sacralisait la nature. C’est pourquoi j’avais envie de comprendre comment la déification du fleuve allait de pair avec le développement industriel d’une des régions les plus peuplées du globe, comment les Indiens percevaient l’opposition entre la sacralisation de la terre et sa domination par la technique. »
Les chevaucheurs de vent (p. 154-158)
Des millions d’âmes en prière (p. 260-265)
Kedarnath, Badrinath et Gaumukh (p. 381-387)
« En contemplant par le hublot la mer infinie de nuages, et l’immensité des montagnes afghanes à l’aspect de terre cuite, j’imaginais le Gange : le meilleur des guides pour découvrir l’Inde religieuse ! Ce fleuve gigantesque représentait mon désir d’expérimenter le sacré au quotidien, d’arpenter l’Inde rurale, de rencontrer les gens jusque dans leur intimité ; au fil de l’eau, au fil des mythes, au fil des traditions? “Est-il un fleuve dont le nom évoque de plus poétiques légendes et ne semble-t-il pas que toute l’Inde se résume en lui ?” disait Jules Verne. Il est vrai que, pour les hindous, Ganga est une déesse, non pas seulement un fleuve mais l’image d’une réalité spirituelle, un gué entre le monde des vivants et celui des morts. L’immersion dans le Gange lave le croyant de ses péchés et la dispersion de ses cendres dans les eaux lui apporte une meilleure vie future. C’est pourquoi les Indiens lui ont donné plus de mille noms : “Mère de tout ce qui vit”, “Source du bonheur”, “Délectable pour les yeux”, “Immortelle”, “Porteuse de chance”, “Incarnation de l’Esprit suprême”? Pour moi, le Gange était l’écho d’un temps où l’homme sacralisait la nature. C’est pourquoi j’avais envie de comprendre comment la déification du fleuve allait de pair avec le développement industriel d’une des régions les plus peuplées du globe, comment les Indiens percevaient l’opposition entre la sacralisation de la terre et sa domination par la technique. »
(p. 18-19)
Les chevaucheurs de vent (p. 154-158)
Des millions d’âmes en prière (p. 260-265)
Kedarnath, Badrinath et Gaumukh (p. 381-387)