
Fêter Navruz à Khorog – Où l’on ne crache pas dans la soupe :
« Dans le public, tout Khorog se retrouve. Les filles ont tressé leurs cheveux avec de la laine rouge, les garçons bombent le torse lorsqu’ils passent devant elles. Les vieux ont sorti leurs costumes, reprisés et amidonnés, et observent ce beau monde en rêvassant. L’un d’eux me lance un clin d’œil complice depuis ses lunettes à triple foyer : appuyé sur sa canne, il clopine autour du stade avant de se faufiler devant tout le monde – le privilège de l’âge. Juste à côté, les meilleures cuisinières de chaque quartier sont venues démontrer leurs qualités en disposant leurs plats sur une immense tablée. “Khoch zost”, comme elles se dénomment généreusement, “mains délicieuses” : le noch khufpa, potage d’abricots qui guérit les rhumes et la grippe, côtoie le pain baignant dans du lait aux oignons, le pain à la farine de pois, la soupe au beurre et les pâtes sablées, mets traditionnels de circonstance. L’une d’entre elles a même fait pousser du blé en herbe, le symbole centrasiatique de Navruz, qui marque le renouveau de la nature au printemps, bien qu’il ne se cultive pas par ici. »
Ardabil la prosélyte – Où l’on met les petits plats dans les grands (p. 70-73)
Sous la yourte de Susamir – Où la vie paraît mi-figue mi-raisin (p. 288-290)
Épilogue – S’en revenir (p. 327-328)
« Dans le public, tout Khorog se retrouve. Les filles ont tressé leurs cheveux avec de la laine rouge, les garçons bombent le torse lorsqu’ils passent devant elles. Les vieux ont sorti leurs costumes, reprisés et amidonnés, et observent ce beau monde en rêvassant. L’un d’eux me lance un clin d’œil complice depuis ses lunettes à triple foyer : appuyé sur sa canne, il clopine autour du stade avant de se faufiler devant tout le monde – le privilège de l’âge. Juste à côté, les meilleures cuisinières de chaque quartier sont venues démontrer leurs qualités en disposant leurs plats sur une immense tablée. “Khoch zost”, comme elles se dénomment généreusement, “mains délicieuses” : le noch khufpa, potage d’abricots qui guérit les rhumes et la grippe, côtoie le pain baignant dans du lait aux oignons, le pain à la farine de pois, la soupe au beurre et les pâtes sablées, mets traditionnels de circonstance. L’une d’entre elles a même fait pousser du blé en herbe, le symbole centrasiatique de Navruz, qui marque le renouveau de la nature au printemps, bien qu’il ne se cultive pas par ici. »
(p. 175-176)
Ardabil la prosélyte – Où l’on met les petits plats dans les grands (p. 70-73)
Sous la yourte de Susamir – Où la vie paraît mi-figue mi-raisin (p. 288-290)
Épilogue – S’en revenir (p. 327-328)