
Stigmates et anonymat du spéléo :
« “Spéléos”. Vu depuis la surface, nous sortons de terre. La “surface” est d’ailleurs un concept typiquement spéléo, qui englobe tout ce que le “trou” exclut : le ciel, les continents, les océans. Il y aurait donc une dimension extraterrestre à cette activité. Et comme toute chose inconnue, ce monde fait peur. Quand nous ressortons fatigués, boueux, mais le sourire aux lèvres, d’orifices plus ou moins larges qui permettent de passer d’une face à l’autre de la terre, le public s’en étonne et se détourne. Il se détourne sans avoir la moindre idée de ce qui se joue dans cet autre monde auquel il se refuse à accéder. Mais pour ceux qui s’adonnent à cette sorte de pratique, la glaise, la souille est leur milieu naturel. Le spéléo en garde les stigmates sur lui, il s’y complaît, et cette image de mauvais garçon lui colle à la peau. Il s’agit toutefois d’une souillure particulière, minérale, “propre” d’une certaine façon, car le milieu est stérile. Cet état ne fait pourtant pas de lui un puriste, il reste inclassable : pas vraiment sportif ni technicien, autodidacte et bricoleur. Le spéléo s’en accommode, préférant demeurer incognito. Seule l’actualité d’opérations de sauvetage spectaculaires le rappelle aux médias, de temps à autre. À ce moment, le masque du trublion se craquelle, cédant le pas au sérieux qui prévaut dans la discipline. Et les autorités ne s’y trompent pas, qui font appel à ses compétences pour obtenir une expertise. »
Exploration orageuse (p. 13-16)
Curiosités souterraines (p. 36-39)
Inclassables explorations (p. 79-82)
« “Spéléos”. Vu depuis la surface, nous sortons de terre. La “surface” est d’ailleurs un concept typiquement spéléo, qui englobe tout ce que le “trou” exclut : le ciel, les continents, les océans. Il y aurait donc une dimension extraterrestre à cette activité. Et comme toute chose inconnue, ce monde fait peur. Quand nous ressortons fatigués, boueux, mais le sourire aux lèvres, d’orifices plus ou moins larges qui permettent de passer d’une face à l’autre de la terre, le public s’en étonne et se détourne. Il se détourne sans avoir la moindre idée de ce qui se joue dans cet autre monde auquel il se refuse à accéder. Mais pour ceux qui s’adonnent à cette sorte de pratique, la glaise, la souille est leur milieu naturel. Le spéléo en garde les stigmates sur lui, il s’y complaît, et cette image de mauvais garçon lui colle à la peau. Il s’agit toutefois d’une souillure particulière, minérale, “propre” d’une certaine façon, car le milieu est stérile. Cet état ne fait pourtant pas de lui un puriste, il reste inclassable : pas vraiment sportif ni technicien, autodidacte et bricoleur. Le spéléo s’en accommode, préférant demeurer incognito. Seule l’actualité d’opérations de sauvetage spectaculaires le rappelle aux médias, de temps à autre. À ce moment, le masque du trublion se craquelle, cédant le pas au sérieux qui prévaut dans la discipline. Et les autorités ne s’y trompent pas, qui font appel à ses compétences pour obtenir une expertise. »
(p. 21-22)
Exploration orageuse (p. 13-16)
Curiosités souterraines (p. 36-39)
Inclassables explorations (p. 79-82)