
Cordillera :
« Après avoir laissé mes montures au refuge Piedra del Fraile, au pied du Fitz Roy, j’entrepris au petit matin une longue marche vers le glacier Marconi, qui clôt la vallée Electrico. La pluie menaçait une fois de plus et le vent me glaçait les os. La traversée des rivières qui dévalaient des montagnes fut des plus périlleuses. Les grandes roches ruisselantes sur lesquelles je marchais étaient autant de dangers qui m’interdisaient toute contemplation. Les neiges éternelles se rapprochaient peu à peu. Le glacier dormait en contrebas, ouvrant une bouche béante aux parois bleues, de laquelle s’échappait un flot boueux et soutenu. Son escalade fut facilitée par les cailloux qu’il charrie des montagnes environnantes et qui le mouchettent par endroits. Le passage Marconi s’ouvrait sur la droite. Plusieurs expéditions l’ont emprunté pour se rendre sur les hauts plateaux du Campo Hielo. J’aurais aimé tenter son ascension, juste pour fouler l’interminable champ de neige qui s’étend sur les hauteurs et m’enivrer de son immensité. Mais le manque d’équipement et le mauvais temps me l’interdisaient : le Campo Hielo ne s’improvise pas. Un Italien rencontré chez Casimiro Ferrari, le célèbre andiniste vainqueur du Fitz Roy et du cerro Torre, me l’avait affirmé. Après une expédition de soixante-quatre jours, il en avait passé dix-sept bloqué là-haut, tandis que le mauvais temps l’empêchait de trouver une voie pour redescendre. Ses vivres s’étant épuisés, il avait dû manger du papier pour tromper sa faim. »
Cordillera (p. 32-33)
Cordillera (p. 62-65)
Extrait court
« Après avoir laissé mes montures au refuge Piedra del Fraile, au pied du Fitz Roy, j’entrepris au petit matin une longue marche vers le glacier Marconi, qui clôt la vallée Electrico. La pluie menaçait une fois de plus et le vent me glaçait les os. La traversée des rivières qui dévalaient des montagnes fut des plus périlleuses. Les grandes roches ruisselantes sur lesquelles je marchais étaient autant de dangers qui m’interdisaient toute contemplation. Les neiges éternelles se rapprochaient peu à peu. Le glacier dormait en contrebas, ouvrant une bouche béante aux parois bleues, de laquelle s’échappait un flot boueux et soutenu. Son escalade fut facilitée par les cailloux qu’il charrie des montagnes environnantes et qui le mouchettent par endroits. Le passage Marconi s’ouvrait sur la droite. Plusieurs expéditions l’ont emprunté pour se rendre sur les hauts plateaux du Campo Hielo. J’aurais aimé tenter son ascension, juste pour fouler l’interminable champ de neige qui s’étend sur les hauteurs et m’enivrer de son immensité. Mais le manque d’équipement et le mauvais temps me l’interdisaient : le Campo Hielo ne s’improvise pas. Un Italien rencontré chez Casimiro Ferrari, le célèbre andiniste vainqueur du Fitz Roy et du cerro Torre, me l’avait affirmé. Après une expédition de soixante-quatre jours, il en avait passé dix-sept bloqué là-haut, tandis que le mauvais temps l’empêchait de trouver une voie pour redescendre. Ses vivres s’étant épuisés, il avait dû manger du papier pour tromper sa faim. »
(p. 40-41)
Cordillera (p. 32-33)
Cordillera (p. 62-65)
Extrait court