
Savoir en finir :
« Voir les médias ne s’intéresser qu’à cette fin officielle et oublier tout le reste de notre traversée nous découragea presque. La mauvaise nuit passée dans une auberge de jeunesse locale ne calma pas nos nerfs. Il semblait que notre voyage tournait au vinaigre. Nous étions nerveux et irritables. Ados faillit me taper dessus pour une observation futile, et à un policier qui nous demandait nos passeports j’expédiai un cinglant : “Dégagez !” Je me débattis même lorsqu’il me saisit le bras ; seule l’intervention de l’équipe pakistanaise permit d’éviter un incident diplomatique. Moins une !
Au cours de notre voyage, nous rencontrâmes beaucoup de personnes aimables et amicales. Les pires, les plus grossières que nous ayons croisées, ce furent Adrian et Richard Crane.
Le centième jour ne se déroula pas du tout comme nous l’avions envisagé – mais il eut ses moments d’anthologie. Nous dépliâmes nos jambes rouillées pour courir devant les caméras de la bbc. Puis itn arriva sur les lieux. C’était amusant d’observer les équipes rivales se bousculer pour obtenir les meilleures images. On nous apprit que nous étions déjà passés le samedi après-midi dans l’émission Grandstand de la bbc, ainsi que dans tous les bulletins d’information.
Sept kilomètres au sud de Taxila, la barre des cent jours était atteinte. Nous prîmes quelques poses victorieuses, qui fournirent un peu plus de matière à la bbc et à itn, à la suite de quoi les équipes de télévision retrouvèrent leur air climatisé et nous laissèrent continuer dans l’atmosphère chaude et aride du Pakistan.
Notre dernière nuit de route nous réservait encore son lot d’aventures. M. Munheeradin, secrétaire du ministre des Sports, du Tourisme et de la Culture, nous avait conseillé de nous arrêter au poste de police de Tarnol, à la périphérie de Rawalpindi. Là-bas, on s’occuperait de nous, avait-il assuré. Bien entendu, nous l’avions cru sur parole?
Tandis que nous avancions en grinçant des os, la gorge sèche, assoiffés, l’œil vitreux et le corps détrempé, nous imaginions des monticules de fruits, des litres de thé chaud, une table ployant sous le poids des currys, du riz, des chapatis et de divers chutneys. Sous le soleil de l’après-midi, nous avions l’impression d’être dans un four avec option gril. Nous arrivâmes au poste de police juché au sommet d’une butte : un bâtiment en briques, peint en marron et en jaune. Une grande antenne signalait l’endroit et un terrain clos avec de larges tentes abritait environ quarante hommes. Tout cela était bien réel. En revanche, l’accueil auquel nous nous attendions était un mirage. »
Départ de Darjeeling (p. 54-57)
La route de l’Annapurna (p. 146-148)
Extrait court
« Voir les médias ne s’intéresser qu’à cette fin officielle et oublier tout le reste de notre traversée nous découragea presque. La mauvaise nuit passée dans une auberge de jeunesse locale ne calma pas nos nerfs. Il semblait que notre voyage tournait au vinaigre. Nous étions nerveux et irritables. Ados faillit me taper dessus pour une observation futile, et à un policier qui nous demandait nos passeports j’expédiai un cinglant : “Dégagez !” Je me débattis même lorsqu’il me saisit le bras ; seule l’intervention de l’équipe pakistanaise permit d’éviter un incident diplomatique. Moins une !
Au cours de notre voyage, nous rencontrâmes beaucoup de personnes aimables et amicales. Les pires, les plus grossières que nous ayons croisées, ce furent Adrian et Richard Crane.
Le centième jour ne se déroula pas du tout comme nous l’avions envisagé – mais il eut ses moments d’anthologie. Nous dépliâmes nos jambes rouillées pour courir devant les caméras de la bbc. Puis itn arriva sur les lieux. C’était amusant d’observer les équipes rivales se bousculer pour obtenir les meilleures images. On nous apprit que nous étions déjà passés le samedi après-midi dans l’émission Grandstand de la bbc, ainsi que dans tous les bulletins d’information.
Sept kilomètres au sud de Taxila, la barre des cent jours était atteinte. Nous prîmes quelques poses victorieuses, qui fournirent un peu plus de matière à la bbc et à itn, à la suite de quoi les équipes de télévision retrouvèrent leur air climatisé et nous laissèrent continuer dans l’atmosphère chaude et aride du Pakistan.
Notre dernière nuit de route nous réservait encore son lot d’aventures. M. Munheeradin, secrétaire du ministre des Sports, du Tourisme et de la Culture, nous avait conseillé de nous arrêter au poste de police de Tarnol, à la périphérie de Rawalpindi. Là-bas, on s’occuperait de nous, avait-il assuré. Bien entendu, nous l’avions cru sur parole?
Tandis que nous avancions en grinçant des os, la gorge sèche, assoiffés, l’œil vitreux et le corps détrempé, nous imaginions des monticules de fruits, des litres de thé chaud, une table ployant sous le poids des currys, du riz, des chapatis et de divers chutneys. Sous le soleil de l’après-midi, nous avions l’impression d’être dans un four avec option gril. Nous arrivâmes au poste de police juché au sommet d’une butte : un bâtiment en briques, peint en marron et en jaune. Une grande antenne signalait l’endroit et un terrain clos avec de larges tentes abritait environ quarante hommes. Tout cela était bien réel. En revanche, l’accueil auquel nous nous attendions était un mirage. »
(p. 275-277)
Départ de Darjeeling (p. 54-57)
La route de l’Annapurna (p. 146-148)
Extrait court
