« Hors collection »

  • Sadhus & yogis
  • Gagarine ou le rêve russe de l’espace
  • Dersou Ouzala
  • Il était une fois l’Ouest sauvage
  • Courir l’Himalaya
  • Tamir aux eaux limpides (La)
  • Julien, la communion du berger
  • Lettres aux arbres
  • 100 Vues du Japon (Les)
  • Légende des Pôles (La)
  • 100 Objets du Japon (Les)
  • Chemins de Halage
  • Vivre branchée
  • Solidream
  • Cap-Vert
  • Voyage en Italique
  • Esprit du chemin (L’)
  • Testament des glaces (Le)
  • Un rêve éveillé
  • Pouyak
  • ?uvres autobiographiques
  • Périple de Beauchesne à la Terre de Feu (1698-1701)
Couverture
La route de l’Annapurna :

« Tandis que nous pressions le pas, le sentier s’estompa peu à peu, nous forçant à deviner la meilleure voie possible. Nous avancions prudemment en considérant chaque rocher, chaque ravin, chaque monticule comme un site de halte potentiel, mémorisant la localisation et les caractéristiques de toutes ces “positions de repli” au cas où nous devrions y retourner dans l’obscurité. Nous priions pour que le ciel fût clément, sans pluie ni neige, car aucune des options que nous avions explorées ne présentait de protection parfaite. En vérité, il n’y avait pas un seul emplacement valable. Tous étaient épouvantables, certains un peu moins que d’autres. Notre moral chutait avec la luminosité tandis que nous traversions un vallon puis contournions une énième butte sans espérer grand-chose. C’est alors que, soudain, le réconfort apparut ! Un filet de fumée s’élevait d’une cabane basse et plate. Évidemment, la vieille ermite était chez elle. Nous entrâmes sans frapper.
L’air était chargé de fumée et d’odeurs corporelles. Le temps de m’habituer à la lumière, la flamme vacillante d’une bougie et un feu, des visages émergèrent de la pénombre. Puis je distinguai des sacs à dos, des paquets et du bois empilés le long des murs. Nous ôtâmes nos sacs, enjambâmes des corps et des couvertures, dirigeant nos pas vers le centre de la pièce, provoquant quelques mouvements brusques. Là, nous établîmes notre carrée pour la nuit. Nous étions une douzaine dans la pièce, entassés les uns contre les autres, mais l’atmosphère était enjouée. Il semblait évident que chacun faisait un trek inoubliable. Nous passâmes une excellente soirée à discuter avec des Australiens, dont une infirmière qui confirma mon diagnostic : giardiase – et merde ! Je décidai de commencer le traitement? une fois passé le col.
Côté nourriture, la situation n’était pas bonne : ni dahl bhat ni tsampa. Juste des pommes de terre. Nos assiettes étaient bien remplies. Ken, un des Australiens, n’en revenait pas. Il l’écrivit dans notre journal : “Adrian et Richard ont passé la nuit avec nous à Leder, au-dessus de Manang, sur le sentier du Thorong La. Ces salauds ont avalé la moitié de notre nourriture ainsi qu’une énorme assiette de patates – enfoirés de gloutons !”
J’ai dû le payer cher, car mon sommeil fut interrompu par une énième course contre mes tripes au clair de lune.
Vers 5 heures 30, dès les premières lueurs du jour, un clin d’œil à Ados. Nous fûmes prêts en quelques minutes. La journée était claire, sans vent ni nuage, mais glaciale. Ce fut peut-être la seule fois du voyage où nous dûmes porter nos anoraks en marchant. Si Ados se réchauffa rapidement, le froid me pénétra dès que nous commençâmes à fouler la neige gelée. Je me calai derrière mon frère. »
(p. 146-148)

Départ de Darjeeling (p. 54-57)
Savoir en finir (p. 275-277)
Extrait court
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