
Juillet 1699 :
« Ce jour mourut un matelot du commandant, lequel, n’ayant pas voulu s’approcher des sacrements quelque remontrance qu’on lui pût faire, fut jeté à la voirie sans aucune prière. Cela est assez ordinaire dans les vaisseaux, surtout les marchands, où les matelots grossiers et sans dicernement sont de toutes sortes de nations et de différentes religions ; même la plupart n’en ont point, vivant comme des bêtes. Leur plus grand plaisir est de dormir, boire et manger sans discrétion et à quelque prix que ce soit quand ils ont de quoi, et l’on est obligé dans les pays étrangers d’avoir un soin tout particulier d’eux, tant pour la désersion que parce qu’ils vendent toutes leurs hardes pour jouer ou boire et sont vêtus le reste d’une campagne d’une manière à faire pitié. Et prennent la plupart sans scrupule tout ce qu’ils peuvent attraper même entre eux. Dans les dangers les plus pressants, si un matelot est couché il faut le faire lever à coups de bâton, aussi bien que pour travailler et aller aux prières. Cependant cette vie lui plaît, il s’y acoquine et la passe sans s’apercevoir des misères et dangers où il se trouve journellement ; mais je puis assurer que c’est bien la plus malheureuse et désagréable où se puisse trouver un honnête homme lorsqu’il n’est point de l’état-major, car il est obligé de vivre parmi cette canaille magré lui. »
Avertissement au lecteur (p. 35-36)
Janvier 1700 (p. 152-154)
Mars 1700 (p. 220-222)
« Ce jour mourut un matelot du commandant, lequel, n’ayant pas voulu s’approcher des sacrements quelque remontrance qu’on lui pût faire, fut jeté à la voirie sans aucune prière. Cela est assez ordinaire dans les vaisseaux, surtout les marchands, où les matelots grossiers et sans dicernement sont de toutes sortes de nations et de différentes religions ; même la plupart n’en ont point, vivant comme des bêtes. Leur plus grand plaisir est de dormir, boire et manger sans discrétion et à quelque prix que ce soit quand ils ont de quoi, et l’on est obligé dans les pays étrangers d’avoir un soin tout particulier d’eux, tant pour la désersion que parce qu’ils vendent toutes leurs hardes pour jouer ou boire et sont vêtus le reste d’une campagne d’une manière à faire pitié. Et prennent la plupart sans scrupule tout ce qu’ils peuvent attraper même entre eux. Dans les dangers les plus pressants, si un matelot est couché il faut le faire lever à coups de bâton, aussi bien que pour travailler et aller aux prières. Cependant cette vie lui plaît, il s’y acoquine et la passe sans s’apercevoir des misères et dangers où il se trouve journellement ; mais je puis assurer que c’est bien la plus malheureuse et désagréable où se puisse trouver un honnête homme lorsqu’il n’est point de l’état-major, car il est obligé de vivre parmi cette canaille magré lui. »
(p. 96)
Avertissement au lecteur (p. 35-36)
Janvier 1700 (p. 152-154)
Mars 1700 (p. 220-222)