
Monts de Cantabrie (Espagne)
Année 2023
© Safae Terrisse
Né à Aurillac en 1979, Marc Terrisse passe une enfance heureuse mais une adolescence marquée par l’ennui et le sentiment d’enclavement caractéristique de son département. Il développe dès cette époque un intérêt pour l’ailleurs, l’autre, s’intéresse en particulier à l’histoire et à la géographie, et à la pratique des langues étrangères, disciplines qu’il étudiera à l’université de Toulouse. Il s’adonne assez jeune au cyclotourisme et profite de l’été pour réaliser des chantiers bénévoles liés à l’archéologie et à la mise en valeur du patrimoine pour découvrir l’Europe puis le Proche-Orient. C’est à l’occasion d’un atelier avec l’Université américaine de Beyrouth et une ONG française au Sud-Liban qu’il tombe amoureux du pays du Cèdre. Il oriente alors ses recherches sur le patrimoine archéologique et les musées du Machrek et du Maghreb, puis découvre le Maroc et sa capitale Rabat, ville qui fait l’objet d’une partie de sa thèse de doctorat.
Marc Terrisse emprunte des chemins académiques qui le conduisent à Lisbonne, dont il approfondit l’héritage arabo-islamique. Au même moment, sa lecture de Jean-Yves Loude et sa rencontre avec l’auteur font office de déclic. Il décide alors de se convertir en écrivain-voyageur. Influencé par son glorieux aîné, il dédie son premier livre dans ce nouveau style à une quête historique et anthropologique sur la Lisbonne musulmane d’hier à aujourd’hui. Le passage de l’écriture universitaire vers un style plus léger et littéraire se poursuit. L’auteur s’intéresse à la question des diasporas implantées dans les métropoles occidentales, crée une association dans le XIXe arrondissement de Paris qui s’efforce de retranscrire ces histoires et ces mémoires et consacre plusieurs « passe-murailles » à cette problématique, des essais qui font appel à la fiction ou évoquent des documentaires incarnés. Il en va ainsi de New York, Portrait d’une ville arabe, publié en 2023, où il parcourt The Big Apple à bicyclette à la recherche de l’arabité américaine, et de Un Iran hexagonal, Regards croisés franco-persans, sorti en 2025.
S’il retourne au Maroc avec « Estevanico, L’extraordinaire destin de l’esclave marocain devenu explorateur en Amérique », Marc Terrisse s’empare du monde lusophone entraperçu à Lisbonne avec un Portugal métissé coulé sur papier dans Variations sur le Portugal. Il publie pendant cette période son premier roman, Mélodie amère, ayant pour toile de fond le Brésil. Ses occupations professionnelles le conduisent en Afrique et lui permettent de visiter l’archipel de São Tomé-et-PrÃncipe dont Jean-Yves Loude lui avait parlé. Les légendes entourant le héros national, Amador, à l’origine d’une révolte d’esclaves ayant fait vaciller le pouvoir portugais au XVIe siècle, le passionnent. Il s’approprie les nombreux mythes et légendes, recense des témoignages récoltés in situ et se lance dans l’écriture d’un livre sur ce pays situé à l’intersection de l’équateur et du méridien de Greenwich.
Marc Terrisse, touche à tout indiscipliné, infatigable voyageur, nomade du troisième millénaire, anime diverses conférences et contributions sur le Portugal, le Maroc et d’autres contrées dans lesquelles il a eu l’occasion de vivre, de séjourner ou d’écrire. Il est également à l’origine de diverses expositions à caractère artistique, historique ou anthropologique.