
Au mont Shasta, dans la chaîne des Cascades – Californie (États-Unis).
Année 2021
© Erin Redding
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« Je ne voulais pas abandonner ni décevoir Dick. Quoi qu’il dise, il était inconcevable que l’un d’entre nous poursuive seul. Maintenant, nous le savions : les trucs du quotidien, trouver l’itinéraire, se forcer à avancer encore et encore, il est impossible de supporter cette pression sans l’autre. Et en cas d’accident ou de maladie, il n’y aurait aucun soutien, aucune épaule sur laquelle s’appuyer. Aucun de nous ne serait aussi suicidaire ? Abandonner aurait réglé mes problèmes : j’avais relevé un grand défi, j’avais échoué. Mais cela aurait également placé Dick dans une situation délicate. Il aurait toujours eu besoin de son épopée himalayenne pour prouver sa valeur, car il aurait été forcé d’abandonner la nôtre sans avoir failli, lui. En fait si, il aurait pu continuer – une certaine forme de traversée en solitaire est possible, mais le type qui la tenterait, à notre allure, eh bien franchement, il correspondrait à ma définition du parfait cinglé. »
Courir l’Himalaya
(p. 121-122, Transboréal, 2026)
