Au service de la science

Dans le cadre de l’Institut polaire Paul-Émile Victor de Brest, Franck Delbart est retourné sous les hautes latitudes afin d’étudier le réchauffement climatique et de sensibiliser le public aux dangers qui menacent les milieux arctiques.


À trois jours et demi de marche ou à cinq heures de bateau de Port-aux-Français, base des îles Kerguelen, il est un écrin d’isolement et de nostalgie pour Franck Delbart : Armor. Armor, c’était l’écloserie à saumons de la Grande Terre, là où l’administration des Terres australes et antarctiques françaises avait rêvé d’aquaculture. Mais Armor, pour Franck Delbart, c’est surtout le lieu de ses quinze mois dans l’archipel de la Désolation. Avec quatre autres personnes, il a hiverné sur cette minuscule base coincée entre un volcan et un fjord. « Le voyage de ma vie, il y a douze ans déjà ! » Pour retourner dans cette terre australe, ce Normand, breton d’adoption, envoie son curriculum vitæ à l’Institut français pour la recherche et la technologie polaires (IFRTP), le groupement d’intérêt public créé en 1992 pour coordonner l’action de neuf organismes. L’un d’entre eux, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER), basé lui aussi à Plouzané près de Brest, lui propose une bourse pour qu’il réalise sa thèse de géographie sur la pêche littorale, avant que l’IFRTP ne l’embauche. Devenu en 2002 l’IPEV, cet organisme emploie plus d’une quarantaine de permanents, dont une trentaine sont, comme lui, détachés par le CNRS. Outre la mise en œuvre d’une soixantaine de programmes scientifiques, qui vont de la collecte de micrométéorites en Antarctique au suivi de la gyre subarctique de l’Atlantique Nord ou au carottage sédimentaire des océans, de la stratégie énergétique des manchots aux troubles du sommeil des hivernants, l’Institut assure de nombreuses missions logistiques sur le terrain polaire.
« Je coordonnais initialement les programmes en liaison avec le comité scientifique ; je suis désormais responsable de ceux qui se déroulent dans l’Arctique, notamment sur nos deux stations de recherche au Spitzberg », déclare-t-il. Si c’est sur la future base antarctique internationale Concordia, à Dôme C, qu’interviendra le plus profond carottage planétaire – on a atteint 2 871 mètres en 2002, soit la possibilité d’interpréter 500 000 ans de précipitations ! –, c’est vers le Spitzberg que se tournent à présent aussi les regards de la communauté scientifique. « Avec Corbel, la station que j’équipe et pour laquelle je dois concevoir l’utilisation d’énergies propres, nous disposerions d’un lieu d’étude idéal pour mieux comprendre le rôle du manteau neigeux dans les mécanismes chimiques liés aux changements climatiques et à la pollution », explique l’ancien professeur de sciences naturelles. Lorsqu’il ne consacre pas ses loisirs à intervenir dans les écoles afin d’éveiller l’intérêt des enfants pour les milieux polaires ou à organiser une classe verte aux Kerguelen, Franck Delbart rêve de cette station à proximité de Ny-Ålesund, où dix nations traqueront dans les années à venir des certitudes concernant la pollution atmosphérique et le réchauffement de la planète.
Institut polaire français Paul-Émile Victor
Technopôle Brest-Iroise
B. P. 75
29280 Plouzané
tél. 02 98 05 65 00
fax 02 98 05 65 55
e-mail infoifrtp@ifrtp.ifremer.fr
site www.ifremer.fr/ifrtp


Portrait rédigé par : Émeric Fisset
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